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Réunis mardi 12 mai 2026 à la préfecture d’Agboville, les chefs de villages de l’Agnéby-Tiassa ont condamné les violences survenues samedi 9 mai à Bodo et apporté leur soutien au ministre Dimba Pierre, au préfet de région et au chef du village de Bodo, séquestrés lors d’une réunion sur le projet de plateforme industrielle.
Dans une déclaration lue par Nanan Boka II, chef du village de N’Douci, la Chambre régionale des rois et chefs traditionnels de l’Agnéby-Tiassa a dénoncé « des actes de barbarie » et réaffirmé son soutien aux autorités.
Retour sur les faits de Bodo
Samedi 9 mai 2026, le ministre Dimba Pierre, président du conseil régional, s’est rendu à Bodo à la demande d’opposants au projet de plateforme industrielle. La réunion a dégénéré : jets de pierres contre la résidence du chef, séquestration du ministre, du préfet et de la délégation, incendie du véhicule d’un cadre et de celui du chef de village, dont la maison a également été incendiée. D’autres véhicules ont été caillassés. Selon Nanan Boka II, porte-parole des chefs, l’incident a été déclenché après l’interpellation d’un jeune homme qui avait « manqué publiquement de respect au ministre-président ». « C’était un traquenard pour déclencher une furie contre leur fils », ont estimé les têtes couronnées.
À l’origine : un conflit sur l’indemnisation des terres
À la reprise du projet par le ministre Dimba Pierre, les populations ont demandé une hausse des purges des terres rurales. Le coût officiel est de 600 F/M2. « Le ministre a pu obtenir jusqu’à 1200 F/M2 », a rappelé Nanan Boka II. Malgré cela, « certains cadres dont les terres ne sont pas impactées ont monté une opposition qui a fini par créer le chaos du samedi 9 mai ». Le 29 avril 2026, une délégation conduite par Nanan N’Dori Joseph, président des chefs de la région, s’était déjà rendue à Bodo pour dialoguer avec les villageois. Les opposants avaient alors exigé d’échanger directement avec Dimba Pierre.
« Poursuivre ce projet »
« Nous condamnons fermement ces actes de barbarie et exprimons notre soutien et notre compassion au ministre Dimba Pierre et à notre collègue, le chef du village de Bodo, devenu sans abri », a déclaré Nanan Boka II. Les chefs encouragent le ministre à « poursuivre la réalisation de ce projet dont l’impact sera positif pour la région ». Ils ont aussi salué les forces de l’ordre qui « ont protégé les autorités et la population de Bodo » et se disent « disposés à apporter leur appui pour la restauration définitive de la paix à Bodo ».
Ahou Moayé à Agboville





