Baisse de la production cotonnière – Le changement climatique identifié comme facteur principal

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Le changement climatique identifié comme facteur principal de la baisse de la production cotonnière.

Les acteurs de la chaine de valeur de la filière coton étaient réunis les 24 et 25 mai 2022 à Yamoussoukro, afin d’identifier les facteurs liés à la mauvaise performance de la campagne 2021-2022 et se projeter sur le bon déroulement des activités de la campagne 2022-2023.


La réforme de la filière et le bilan de la campagne 2021-2022

Selon Ouattara Mariam , directeur de la production au Conseil du Coton- Anacarde(CCA), le dynamisme enclenché par la mise en œuvre des axes stratégiques de la réforme de la filière coton engagée par l’Etat de Côte d’Ivoire en 2013 a contribué à une augmentation considérable de l’ensemble des paramètres , notamment le nombre de producteurs, les superficies, le rendement à l’hectare (1,2 tonne) et de la production,( 559 477 tonnes de coton graine en 2021 contre 352 048 tonnes en 2013, soit une progression de 59%). Faisant ainsi de la Côte d’Ivoire, le deuxième producteur en Afrique de l’ouest après le Benin. Cependant, elle a indiqué que, les dernières campagnes (2018-2020) ont enregistré plusieurs difficultés entrainant une diminution de la production et la dégradation de la qualité de la fibre. Elle a fait remarquer que « cette situation a été aggravée durant la campagne en cours (2021-2022) par la baisse des rendements. En effet, l’on constate une régression de la production par rapport à celle de la campagne dernière (2020-2021). Les données de commercialisation de 2021-2022 au 8 mai 2022, sont de 537 126 tonnes coton-graine contre une réalisation de 559 477 tonnes fin de la campagne 2019-2020 soit une baisse de la production de 4%. ». Alors que l’objectif visé par l’Etat ivoirien est de 600 000 tonnes de coton graine dans un avenir très proche. D’où la tenue de cet atelier organisé au centre d’innovations des technologies de l’anacarde (CITA) du CCA de Yamoussoukro par l’ Intercoton sous l’égide du conseil Coton –Anacarde , pour faire le bilan de la campagne en cours, identifier les causes de la mauvaise performance et proposer des solutions durables .


Les facteurs liés à la mauvaise performance et les solutions durables

Il s’agissait, durant ces deux jours, pour ces acteurs de la filière, producteurs, encadreurs, égreneurs, transformateurs (70 participants), d’identifier les principales causes de la mauvaise performance agronomique de la filière, afin d’élaborer une matrice de solutions idoines à mettre en œuvre pour une filière cotonnière plus performante et plus compétitive. Ainsi, plusieurs facteurs qui ont miné la bonne production ou la qualité du coton, ont été relevés au cours de cet atelier. Notamment les actions de changement climatique, qui ont fortement impacté le cycle normal de la bonne production. « Les producteurs expliquent que dans le mois de septembre qui est un mois à pluie, ils ont assisté à une longue pause de sécheresse. Cette pause de sécheresse a occasionné la chute des boutons floraux. Donc elle (la chute) va nécessairement impacter le rendement. On a assisté aussi aux prolongements des pluies au moment de la récolte. Logiquement dans les années précédentes à partir de fin septembre début octobre, il n’y a plus de pluie. Nous avons assisté à des pluies jusqu’en fin novembre, entrainant une pourriture des capsules, de la graine et l’humidification du coton sur le cotonnier. Cela a entaché la qualité du coton et a beaucoup joué sur le rendement du coton pour cette campagne » a confié Silué Siontiamma Jean-Baptiste, directeur exécutif d’Intercoton . Pour ce faire, au terme de ces assises, les échanges entre ces acteurs ont permis d’arrêter des solutions durables pour une amélioration de la production et la qualité du coton dès la campagne 2022-2023. Il y’a notamment la sensibilisation des producteurs sur le soutien indéfectible de l’Etat à tous les niveaux , le prix et les intrants encourageants et la mise à disposition des producteurs de nouvelles variétés de plantes prometteuses, et plus résilientes au changement climatique .


Harry Diallo à Yamoussoukro

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