Dernère publication
Rien ne va encore entre anglophones et francophones camerounais : un théâtre des opérations qui ramène une histoire du passé, à la forme du présent. Dans laquelle il y a plusieurs années les Anglophones avaient tenté sécession, en dressant un tableau de « pays indépendant ». Aujourd’hui, les mêmes sentiments renaissent encore en zone anglophone, frappé d’une étrange malédiction qui relève de quelque chose d’essentiel, sous le signe d’une crise institutionnelle. A commencer par Paul Biya, le président camerounais, lui-même. Ce n’est ni une élection présidentielle, ni la proclamation des résultats. C’est bien une crise identitaire majeure que Paul Biya parait mal géré avec les mots et le ton les plus profonds. Fondamentalement, Paul Biya est-il le problème ? L’enjeu actuel entre anglophones et francophones ressemble à une forme d’apocalypse, la terre qui a vu naître camerounais « anglophones » et dans laquelle ils ont tous grandi va-t-elle s’effacer sous leurs yeux ? Paul Biya doit parler avec la méthode. Grand défenseur de l’indépendance du Cameroun, il doit se planter aux cœurs des Camerounais, le pied dans la vérité et le nez dans la sincérité. Paul Biya est le président de tous les Camerounais. Constitutionnellement, c’est ce qui l’autorise à parler à « bout portant » ce qui n’a pas marché dans « l’Union des Camerounais » et éviter en bon connaisseur de l’histoire du Cameroun francophone ». Paul Biya est le problème. A mon avis il connait bien sa classe politique, les partis politiques comme ses leaders, les institutions républicaines depuis l’indépendance et ses modes de fonctionnement. Amadou Ahidjo et Paul Biya sont les deux locataires successifs du palais présidentiel à Yaoundé à présider les liens sociaux et culturels des camerounais. Aujourd’hui, Paul Biya vit un avertissement sous le regard de l’histoire camerounaise dans laquelle le président ne prend pas la précaution de mettre les « mains » sur chaque manifestation de mécontentement des Camerounais « anglophones ». On pourra tout dire du président camerounais. Mais Paul Biya dit la vérité, parfois lucide. Mais Paul Biya a pris l’âge. Plus de 80 ans et certainement aux yeux des Camerounais, le chef de l’Etat de l’Afrique centrale, une image désolante de mettre sur pied une cellule d’écoute, de dialogue dont la vocation serait de trouver les solutions aux difficultés des Camerounais. Si les anglophones demandent l’indépendance de leurs territoires et qui, aujourd’hui suscite des vocations sanguinaires, c’est bien la faute au pouvoir central. Il suffisait à Paul d’y penser. Si on ose dire, le Cameroun avait connu une première cession avec des humiliés, des morts, des emprisonnements. A cela à l’époque, il faudrait ajouter une banalisation du mal appliqué aux révolutionnaires sécessionnistes « anglophones ». Défense de rire. La même stratégie est toujours à l’ordre du jour.
Ben Ismaël




