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Découvrons l’évolution du nombre de députés en Côte d’Ivoire, de 70 sous Félix Houphouët-Boigny à 255 sous Alassane Ouattara.
En Côte d’Ivoire, la représentation parlementaire a évolué depuis l’indépendance. De 70 députés sous Félix Houphouët-Boigny à 255 sous Alassane Ouattara, la carte législative s’est redessinée au gré des réformes administratives, de la croissance démographique et du redécoupage territorial. Si le pays compte aujourd’hui 201 communes, l’attribution des sièges à l’Assemblée nationale repose sur un système combinant base communale et coefficients démographiques, faisant des grandes agglomérations les principales bénéficiaires des ajustements successifs, au détriment des territoires plus vastes et sans équité absolue au niveau de la densité et de la population.
201 communes ou maires pour 255 députés
La Côte d’Ivoire compte aujourd’hui 201 communes et 255 députés à l’Assemblée nationale. Une équation qui pourrait laisser croire à un député par commune. En réalité, la répartition obéit à des coefficients démographiques et administratifs, appliqués aux zones les plus peuplées ou stratégiques. À titre d’exemples, Yopougon et Abobo disposent chacun de 6 sièges, contre 4 pour Bouaké, 3 pour Koumassi et Daloa, 2 pour Cocody et Korhogo. Ce mécanisme explique l’attribution de 54 sièges supplémentaires au-delà du principe de base, avec parfois le rattachement de sous-préfectures à certaines circonscriptions communales.
Depuis 2011, 30 sièges en plus
Sur les 201 communes actuelles, 198 existaient avant 2011, soit avant l’accession du président Alassane Ouattara au pouvoir. À son arrivée, l’Assemblée nationale comptait 225 députés. Trente (30) sièges supplémentaires ont été créés sous sa présidence, portant l’hémicycle à 255 élus. Avant lui, sous Laurent Gbagbo (2000-20111), le Parlement était passé de 175 à 225 députés, soit 50 sièges ajoutés dans le cadre des redécoupages post-2000. Sous la présidence Henri Konan Bédié (1993-1999), des réaménagements électoraux ont été opérés, mais sans hausse majeure du nombre total de sièges.
la croissance démographique
L’évolution la plus marquante remonte à l’ère Félix Houphouët-Boigny (1960-1993). À l’indépendance, la toute première Assemblée nationale comptait 70 députés. Au gré des réformes administratives, du maillage territorial et de la croissance démographique, ce nombre a progressivement augmenté : 100 de 1965 à 1970, 120 en 1975, 175 à 1980, chiffre maintenu jusqu’en 2000 .
En six décennies, la représentation parlementaire ivoirienne est ainsi passée de 70 à 255 députés, soit +185 sièges, reflet des recompositions territoriales, de l’urbanisation croissante et de l’élargissement du champ démocratique. Aujourd’hui, si l’équilibre entre démographie, représentativité et équité électorale continue d’alimenter le débat public, le cadre actuel s’appuie sur un principe combinant maillage territorial et pondération démographique, pour ajuster le poids parlementaire à la réalité des populations représentées.
Charles Kouassi




