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Face à la montée de la désinformation, journalistes et scientifiques sont appelés à renforcer leur collaboration afin de rendre les connaissances scientifiques plus accessibles au grand public. C’est le principal enseignement de la Journée du journalisme scientifique, organisée le jeudi 30 juillet 2026 à la Maison de la presse d’Abidjan-Plateau par le Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF) – Antenne Côte d’Ivoire.
Placée sous le thème « Face à la crise de confiance dans les médias, le journalisme scientifique comme une solution pour mieux informer et transformer nos sociétés », cette rencontre a réuni une cinquantaine de participants, parmi lesquels des chercheurs, des journalistes, des étudiants et des spécialistes de la communication scientifique.
Le panel 1, intitulé « Comment médias et scientifiques peuvent-ils contrer la désinformation ? », a mis en évidence la nécessité de bâtir un partenariat durable entre les deux professions afin de mieux informer les populations, notamment sur les questions de santé, d’environnement et de changement climatique.
Renforcer les passerelles entre journalistes et chercheurs
« Les journalistes doivent aller à l’école de la science, et les scientifiques à l’école de l’actualité. » Cette formule a résumé l’esprit des échanges.
Pour le professeur Mathurin Koffi, enseignant-chercheur à l’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa, les chercheurs produisent des connaissances scientifiques, mais leur mission première n’est pas d’en assurer la vulgarisation.
« Le chercheur publie ses travaux dans des revues scientifiques. La vulgarisation intervient à une autre étape », a-t-il expliqué.
Selon lui, le rapprochement entre scientifiques et professionnels des médias constitue un levier essentiel pour lutter efficacement contre la désinformation.
Rendre la science accessible à tous
Pour Caroline Coulibaly, chargée de l’innovation, de la valorisation, de la médiation et de la communication au RJSAF, la lutte contre la désinformation passe également par une communication adaptée aux différents publics.
Elle a insisté sur l’importance des formats numériques – vidéos courtes, podcasts et contenus destinés aux réseaux sociaux – qui permettent de mieux valoriser les résultats des recherches menées en Côte d’Ivoire sur des thématiques telles que la maladie du sommeil, l’agroécologie ou encore la santé des sols.
Même accessible, l’information scientifique doit aussi être compréhensible. Pour Kossi Balao, président du RJSAF, le journaliste joue un rôle déterminant en accompagnant les experts dans l’explication de notions parfois complexes avec un langage simple, clair et accessible à tous.
Concilier rigueur scientifique et contraintes médiatiques
Les échanges ont également porté sur les différences de fonctionnement entre les univers de la recherche et des médias.
Directeur exécutif du Réseau des journalistes ivoiriens contre la crise climatique et environnementale (RJICCE), Elvis Gouza a évoqué les difficultés rencontrées sur le terrain. Dans plusieurs localités, a-t-il indiqué, le changement climatique est encore perçu comme « une affaire de Blancs ».
Selon lui, les journalistes doivent s’appuyer sur les données scientifiques tout en tenant compte des réalités socioculturelles afin de mieux sensibiliser les populations.
« Les observations ne suffisent plus à expliquer les bouleversements climatiques actuels. Les données scientifiques constituent désormais des références indispensables pour éclairer le débat public », a-t-il soutenu.
Mieux comprendre les contraintes de chaque profession
Responsable de la communication et de la responsabilité sociétale au Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), Ange Koné a insisté sur la nécessité d’une meilleure compréhension mutuelle entre chercheurs et journalistes.
Selon elle, un scientifique ne peut communiquer que sur des résultats validés, au risque d’engager sa crédibilité auprès de ses bailleurs, de son institution et de la communauté scientifique.
À l’inverse, les journalistes travaillent sous la pression de l’actualité et recherchent des formats attractifs. Cette exigence peut parfois conduire à des simplifications excessives ou à des formulations sensationnalistes susceptibles de dénaturer le message scientifique.
« Il faut que les journalistes comprennent les impératifs de la recherche scientifique », a-t-elle insisté.
Elle a plaidé pour un dialogue permanent entre chercheurs, communicants et journalistes afin de prévenir les incompréhensions, de renforcer la confiance mutuelle et d’améliorer la qualité de l’information scientifique.
Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé : face à la désinformation, la qualité de l’information scientifique repose autant sur la rigueur des chercheurs que sur la capacité des journalistes à rendre les connaissances accessibles au plus grand nombre, sans en altérer le sens.
Brigitte Yoda
AFRIKIPRESSE
https://afrikipresse.com/lintelligentpdf/YDqw5hEz8PihnKhVGuB0
PAYMALLCI
https://paymallci.com/go/1YLO
PRESSECOTEDIVOIRE
https://www.pressecotedivoire.fr/titrologie/all
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https://news.abidjan.net/titrologie
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