Début de la grande saison des pluies à Abidjan avec des orages annoncés Bouaké Fofana encore sur le terrain pour lancer un appel à un comportement civique et responsable des populations

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Le dimanche 20 juin 2021 , le ministre de l’Assainissement et de la Salubrité, Bouaké Fofana a sillonné des quartiers de Cocody, puis s’est rendu au carrefour de l’Indénié, pour constater l’impact de la forte pluie du samedi 19 juin 2021 au dimanche 20 juin 2021 sur les ouvrages de drainage des eaux de ruissellement, dans le District d’Abidjan..

À cette occasion, Bouaké Fofana a encore lancé un appel à l’esprit de civisme des populations , en les invitant à ne pas construire dans des zones inondables, car selon lui, « les sites de certains ouvrages » à construire « pour réduire les risques d’inondations sont occupés »
En compagnie de certains responsables des structures sous tutelle du ministère de l’Assainissement et de la Salubrité et des membres du comité de surveillance qu’il a mis sur pied avant le début de la grande saison des pluies, le ministre Bouaké Fofana s’est rendu à la Rue ministre, à Saint-Viateur, Allabra, Bounoumin, 9 Kilos (des quartiers de la Riviéra) et au carrefour de l’Indénié.
Face à la presse, il fait un point de ses constats : « Nous avons des zones critiques qui ont été inondées. La raison, c’est qu’il y a des retenues à faire en amont de ces zones qui ne sont pas encore faites. Tant qu’on ne les aura pas faites, on a des risques d’inondations. Au niveau de Saint-Viateur, un ouvrage de drainage est carrément dans l’enceinte de l’école. Ce sont des questions que nous devons régler, parce que l’eau doit circuler, elle a son chemin naturel. Nous faisons des ouvrages pour guider l’eau, mais quand les ouvrages ne sont pas suffisants, les risques d’inondations sont là. À la Rue ministre, nous avons dédoublé les canalisations, de sorte que dans une zone les problèmes sont réglés. Nous sommes en train de faire des travaux sur le boulevard Mitterrand en allant vers Bingerville, mais pour l’instant, nous n’avons pas trop de dégâts. Le risque ne sera pas à zéro tant que nous n’aurons pas construit tous les ouvrages de drainage prévu dans le Schéma-directeur, mais il est réduit de façon significative dans les zones critiques, les dégâts matériels sont minimes ».

Le ministre dévoile ses priorités

Pour cette première journée de fortes pluies, le ministre de l’Assainissement et de la Salubrité a dévoilé la priorité de son département ministériel : « Notre première priorité c’est qu’il n’y ait pas des inondations qui aboutissent à des pertes en vies humaines et à des dégâts matériels importants. Notre objectif, cette année, c’est qu’il y ait 0 mort lié aux inondations. Pour l’instant, on ne déplore pas encore de pertes en vies humaines dans les zones qui ont connu des inondations importantes les années précédentes, comme Alabra, parce la capacité des ouvrages a été augmentée (…) Aujourd’hui, on est retardé dans l’exécution des travaux du Schéma-directeur, parce que les sites de certains ouvrages que nous devons construire absolument pour réduire les risques d’inondations sont occupés, à telle enseigne que si on veut indemniser toutes ces personnes, le montant des indemnisations est supérieur au coût des projets. Il s’agit donc de sensibiliser les populations. Ne construisons pas dans des zones inondables. Est-ce qu’on peut construire sur une route sous prétexte qu’on a un papier ? Il y’a des zones inondables, des bassins d’orage, mais nos compatriotes construisent dans ces bassins. C’est un appel que nous lançons à tous nos compatriotes : il faut s’assurer, avant de commencer une construction, d’avoir le permis de construire (…) Même quand les ouvrages sont construits, leur fonctionnement est mis à rude épreuve par les arrivées des déchets, parce que nos compatriotes continuent de se servir des caniveaux, des canalisations de drainage comme des dépotoirs d’ordures. Arrêtons de déverser nos ordures dans les caniveaux, parce que quand il pleut, l’eau de pluie les ramènent au point le plus bas et c’est ce que nous voyons au carrefour de l’Indénié, au niveau du barrage de Bonoumin et dans d’autres zones, où quand l’eau se retire, on retrouve des déchets de tous ordres ».

[ L’incivisme des populations, une question à adresser vigoureusement ]

À travers sa déclaration, le ministre de l’Assainissement et de la salubrité lance ainsi un appel vibrant à l’esprit de civisme et de responsabilité des populations. Celles sont ainsi invitées à collaborer pour le bien être individuel et celui de la collectivité.
Avec les premières pluies de la grande saison des pluies qui ont débuté dans la nuit du samedi au dimanche 20 juin 2021, le constat général, c’est qu’il y a encore des ouvrages de drainage d’eau de ruissèlement qui ploient sous le poids de certaines constructions.
M. Touré Abdoulaye habite la commune d’Abobo. Nous l’avons rencontré à Angré, le dimanche 20 juin 2021. Selon son témoignage, l’un de ses amis vit dans une zone à risque du côté du quartier Kennedy : « J’habite la commune d’Abobo et hier (samedi 19 juin 2021, ndlr), je suis allé rendre visite à un ami à Abobo-Kennedy. Je lui ai demandé de trouver un endroit, parce que nous rentrons dans la saison des pluies et que l’année dernière, il y a eu des dégâts dans ce quartier. Il m’a dit qu’il a compris. Mais, il se trouve qu’il y a certaines personnes qui disent avoir compris, mais en dépit de toutes les campagnes de sensibilisation, elles restent sur place lorsque les gens donnent dos. Il y a effectivement beaucoup d’actes d’incivisme, de sorte quand il y a des dégâts, c’est le gouvernement doit venir au secours des populations. Je souhaite que le gouvernement multiplie ses campagnes de communication sur cette question, parce que nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies ».

D’autres personnes réagissent

M. Kouassi Aké estime pour sa part que les populations doivent éviter certains comportements, notamment, éviter de déposer des sacs d’ordures à proximité des caniveaux : « Ces personnes qui agissent ainsi connaissent la loi et les règles, mais décident de ne pas les respecter. Ce n’est pas correct, de sorte que, chaque fois qu’il pleut, il y a sinistre. Il faut que chacun prenne ses responsabilités, les ménages, les groupements et le gouvernement».
Kabé Franck, le président de la jeunesse de la Cité 4000 D ne déplore pas, pour l’instant, de grands dégâts dans sa cité, hormis le « litige » qui continue d’opposer les riverains à une société immobilière : « Il y a une clôture qui sépare notre cité et un terrain appartenant à une société immobilière. Si la société immobilière ferme le passage de l’eau, cela va créer un gros problème dans la cité. Avec les premières pluies qui ont commencé, nous avons peur que notre quartier soit inondé et que les eaux de ruissèlement remontent dans les maisons, parce que le passage est fermé. Il y a de l’incivisme, parce qu’on ne peut pas construire sur le passage de l’eau. Il faut que ce genre de constructions soit interdit par l’État, voire démoli. C’est vraiment notre cri de cœur ».


[ Des conseils donnés par le ministère aux populations ]

Dans un document dénommé “Alerte inondation”, les bons comportements à adopter, le ministre de l’assainissement et de la salubrité , avant même la visite sur le terrain d’hier , a invité les populations à quitter sans délais les zones à risques, à ne pas s’installer dans les bassins écreuteurs, les flancs des collines et à arrêter de jeter les déchets solides dans les rues et dans les caniveaux.
Bouaké Fofana a exhorté à arrêter les installations sur les emprises des ouvrages d’assainissement, et de drainage, et à éviter l’utilisation des sachets plastiques. « De fortes pluies sont annoncées, je tiens à ma vie et à celle de ma famille. Je quitte maintenant les zones à risque. La vie de mes enfants me tient à cœur, je redouble de vigilance pendant la saison des pluies », lit-on dans les messages diffusés par le ministère.

Touré Abdoulaye et Olivier Dion

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