Dédicace d’un livre : Moussa Traoré dévoile les confidences inédites du général Ouassénan Koné

212
Screenshot

Dernère publication

Le journaliste-écrivain Moussa Traoré a procédé, mercredi 5 août 2026, au CRAE-UMOA à Abidjan-Plateau, à la dédicace de son ouvrage ”Général Ouassénan Koné : L’homme qui a descendu le drapeau de la France”. Une cérémonie marquée par plusieurs révélations de l’auteur sur les confidences que lui aurait faites le défunt général, notamment au sujet de la mort de Kragbé Gnagbé.

Devant un parterre d’invités, Moussa Traoré a expliqué que cet ouvrage est le fruit d’un long travail réalisé en étroite collaboration avec le général Ouassénan Koné, de son vivant. « Ce livre n’a pas été écrit après son décès. Nous l’avons rédigé ensemble durant toute l’année 2022 et une bonne partie de 2023. Il ne s’agit ni d’un ouvrage de justification ni d’un règlement de comptes. Mon unique objectif est de rendre hommage à une grande figure de l’État de Côte d’Ivoire », a-t-il déclaré.

L’auteur est revenu sur la genèse de l’ouvrage. Selon lui, tout est parti d’une discussion avec le général après la publication d’un précédent livre consacré au général Coulibaly. Ouassénan Koné avait contesté une information relative à l’histoire de la gendarmerie. Après vérification, il avait reconnu les faits avant de lancer à Moussa Traoré : « Si tu n’écris pas ton histoire, d’autres le feront à ta place. » C’est ainsi qu’est né le projet.

Au cours des échanges, l’auteur affirme avoir interrogé le général sur les épisodes les plus controversés de sa carrière, notamment les événements du Guébié (dans la région de Gagnoa) et la mort de Kragbé Gnagbé.

« Il a été catégorique : “Je n’ai pas tué Kragbé Gnagbé.” Il m’a expliqué que s’il avait voulu l’éliminer, il aurait pu le faire dès son arrestation en brousse, sans témoin. Au contraire, il s’est déplacé avec lui dans plusieurs villages. En lisant attentivement le livre, le lecteur découvrira qui l’a effectivement arrêté dans la forêt de Bobia et qui l’a tué », a soutenu Moussa Traoré.

L’écrivain a toutefois précisé que certaines confidences du général n’ont pas été publiées, estimant qu’un auteur doit parfois conserver une part de réserve. Il a également révélé que Ouassénan Koné lui avait annoncé, en 2023, son intention de poursuivre avec lui le travail sur le volet politique de l’ouvrage après un séjour à Daoukro. Un projet finalement interrompu par les circonstances.

Un hommage à un serviteur de la République

Invité d’honneur de la cérémonie, Eugène Aka Aouélé, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), a salué la mémoire d’un homme profondément attaché aux valeurs de la République.

Selon lui, ce livre dépasse le simple cadre littéraire en retraçant le parcours d’une personnalité qui a consacré sa vie au service de l’État.

Il a rappelé que le 7 août 1960, lors de l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance, le jeune officier Ouassénan Koné avait accompli un geste hautement symbolique en hissant pour la première fois le drapeau national.

« J’ai eu le privilège de connaître le général Ouassénan. C’était un homme de cohérence, profondément attaché à la justice, au respect des institutions, à la rigueur dans l’action et au sens du devoir. Il appartenait à une génération pour laquelle l’autorité allait toujours de pair avec la responsabilité », a-t-il souligné.

Le président du CESEC a félicité Moussa Traoré pour cette initiative et a invité les journalistes ivoiriens à documenter davantage le parcours des grandes figures de la nation afin de préserver la mémoire collective.

Au nom de la famille, le Colonel-major Jean-Hubert Ouassénan, fils aîné du défunt général, a exprimé sa gratitude à l’auteur ainsi qu’à l’ensemble des invités pour l’hommage rendu à son père.

Mamadou Ouattara

Commentaire

PARTAGER

Commentez cet article