Entretien – Pacôme Kouassi, membre du grand conseil du Pdci: “Nous mettons fin à la désobéissance civile…”

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Pacôme Kouassi, membre du grand conseil du Pdci

Dernère publication

À la veille de la conférence de presse qu’il anime aujourd’hui jeudi 26 novembre 2020, Kouassi Pacôme, membre du grand conseil du PDCI-RDA, président de la Coalition des mouvements et associations de l’opposition (PDCI, FPI, EDS, GPS, Société civile) a accordé un entretien à l’IA. Il dit qu’il se désolidarise de l’appel à la désobéissance civile et invite le Président du PDCI à renouer avec le dialogue demandé par le chef de l’État Alassane Ouattara.

Quelles sont les raisons qui ont motivé la création de cette coalition ?

Les raisons, c’est que nous avons essayé de formaliser quelque chose à travers des actions, parce que la désobéissance civile a pris effet et nous avons constaté des conflits inter-ethniques qui ne faisaient pas partie de notre feuille de route. Nous avons donc décidé de nous réunir, pour réfléchir et lancer un appel pour amener nos amis à une cessation. À partir du moment où nos leaders sont animés par la volonté de se parler, il n’y a pas de raison que la base ne suive. Nous les invitons à poursuivre le dialogue pour nous ramener la paix. C’est pourquoi, nous mettons fin ainsi à l’appel de la désobéissance civile qui a entraîné beaucoup de désagréments dans tout le pays.

Vos différents leaders politiques sont-ils informés de la création de cette coalition ?
Bien sûr. Tous les partis de l’opposition y sont représentés.

Je veux parler des différents responsables de vos partis politiques.
Tout le monde est informé qu’il s’agit d’une cessation des hostilités. Pour nous, le vrai combat, ce n’est pas lorsque à la fin on compte les morts. Dès lors que la volonté de pouvoir dialoguer est engagé, je ne vois pas pourquoi ce dialogue doit s’arrêter. Raison pour laquelle, nous lançons un appel à tous ceux qui sont encore réticents, qu’ils aillent au dialogue pour qu’on ait la paix.

Je reviens sur ma question, avez-vous échangé avec vos différents leaders de la création de cette coalition et quelles ont été leurs réactions ?

Bien sûr. Nous avons échangé. Beaucoup sont partants. Celui qui se dresse contre la paix, c’est qu’il a un problème. Qu’il nous explique son problème pour qu’ensemble, on trouve des solutions. J’ai expliqué à tout le monde. Certains sont réticents.

Des réticents, de qui s’agit-il ?

Il s’agit de ceux qui sont instrumentalisés. Pour ces derniers, ils pensent qu’il faut encore aller au front. Je leur dis non. Il faut aller au dialogue.

Vos actions auront-elles un impact sur le terrain?

Pour la recherche de la paix, vous pensez que vous êtes à la recherche des impacts ? non, je ne suis pas à la recherche de l’impact, je suis à la recherche du réalisme. Je conduis un mouvement et j’apprécie. Il faut que le dialogue reprenne. Le président Bédié a mis une fin brutale au dialogue et je ne suis pas d’accord.

Mais le président Bédié a posé comme préalable la libération des leadeurs de l’opposition dont certains de son parti le PDCI.
Nous avons certains membres de la coalition qui ont été arrêtés et qui sont en prison. Nous demandons la libération des prisonniers bien que nous soyons pour le dialogue.

Pensez-vous qu’au nom de la réconciliation, il faut arrêter les poursuites judiciaires ?

Avant la réconciliation, il faut chercher la paix. Il faut chercher à comprendre ceux qui ont été instrumentalisés. Les poursuites judicaires doivent cesser. L’intérieur du pays n’a pas suivi notre mot d’ordre. Les gens avaient leur règlement de compte. Ce n’est pas de cette manière que nous avions souhaité que les choses se passent. Nous avons lancé une opération dénommée opération Baracuda. Mais on s’est rendu compte que les conflits inter-ethniques ont pris le dessus. Ce n’est pas de l’impunité. C’est logique. Je ne suis pas d’accord avec la feuille de route de Ouattara, je manifeste. Un troisième mandat était-il nécessaire? Ce n’était pas nécessaire.

Des actions en vue après votre conférence de presse d’aujourd’hui?

Nous aurons une concertation nationale au palais de la culture avec tous les 123 mouvements et nous allons nous parler. Celui qui n’est pas d’accord dira qu’il n’est pas d’accord. Celui qui est d’accord dira qu’il est d’accord. Mais toujours est-il que nous ne voulons rien d’autre que la paix.

EF

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