LETTRE DE L’IA-PAR WAKILI ALAFÉ : Boni Séraphin, route de Bondoukou, politique sénégalaise (Kiiraay) ou les facettes de l’actualité

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Dernère publication

Deux nuits à Bondoukou. Deux nuits qui m’ont fait un bien fou. Repos et détente auprès des enfants. Ce qui a manqué, c’est le temps de revisiter Bondoukou et de refaire le Bondoukou by Night que j’avais expérimenté il y a trente ans. C’était en 1995. J’avais à peine 25 ans. Que de chemin parcouru ! Une époque d’insouciance bien lointaine.

Le samedi 25 juillet 2026, j’ai pris la route pour Abidjan. Parti de Bondoukou aux environs de 10 heures, nous sommes arrivés un peu après 17 heures, dans la capitale. Sur le chemin, une vitesse prudente, patiente, marquée par plusieurs arrêts : pauses pipi, déjeuner, et autres. Trois cars et deux véhicules, un premier car était parti plus tôt. Dans l’ensemble, tout s’est bien passé. Merci à Dieu, et félicitations à toute l’équipe de Tradimo Vacances, avec à sa tête la commissaire générale.

La nouvelle semaine qui démarre est tout aussi chargée. Que de rendez-vous ! Et aussi des cérémonies de deuil. Après un passage à Ivosep le mardi dernier pour la veillée en hommage à mon aîné, ami et frère de près de 30 ans, le vénérable Boni Séraphin, je dois faire d’autres tours ce week-end à Ivosep. Sur mon agenda, il y a aussi Êlèfestival à Adiaké, que je ne rate pas depuis plusieurs années. Que va donner cette première édition après la nomination du promoteur et initiateur Hien Sié au gouvernement ? Après Êlèfestival, direction Yamoussoukro pour les Awards et cérémonies de récompense de Life Builder, tout en gardant un œil sur le dîner gala de l’ONG Balle à terre prévu le 6 août 2026 à Abidjan, veille de la Fête de notre pays. Un dîner gala de la solidarité et de la bienfaisance, qui mérite soutien et mobilisation.

Et déjà en ligne de mire, l’édition 2026 du Abidjan Média Forum, sans oublier les 60 ans du lycée moderne Ernest Boka d’Agboville, qui approchent à grands pas !

Sénégal, parlons-en !

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a créé son parti politique. Bonne nouvelle. Par nature, je me méfie de tout ce que le pouvoir politique permet d’acquérir comme impression de richesse, de pouvoir et de puissance. Ce que tu obtiens quand tu es au pouvoir (honneur, considération, influence) n’est pas à toi, puisque tu le perds en principe lorsque tu n’y es plus. Ce qui est vraiment à toi, c’est ce que tu parviens à réaliser avant d’accéder au pouvoir, et que tu peux conserver après ton départ du pouvoir. Avant le pouvoir, le chef de l’État sénégalais n’avait pas un parti politique. Un parti politique, un appareil politique créé alors qu’il est déjà aux affaires aura assurément des opportunités, mais cela demeure quelque chose de fragile et à durée de vie peut-être limitée. Pour l’après-pouvoir (et même pendant), que peut peser un parti créé pendant le règne pour juste continuer de régner ? Macky Sall, et avant lui Abdoulaye Wade, ont construit leur parti politique alors qu’ils étaient opposants. Au Sénégal, Abdou Diouf a profité du coup de pouce de Senghor, c’est-à-dire d’un parti politique déjà créé et non créé pendant la gestion du pouvoir.

Devenu président, Bassirou Diomaye Faye engage une expérience inédite pour les Sénégalais : celle d’un chef d’État qui perd le contrôle de sa majorité parlementaire, de sa majorité politique, pour proposer ou tenter de créer une nouvelle majorité présidentielle, en dépassant les clivages partisans existants. Par le passé, les autres coalitions autour d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall se basaient sur la majorité du candidat victorieux. Il est utile de savoir que Sonko a gagné la bataille de la légitimité Pastef, et que personne n’a cherché à lui contester la mainmise sur le parti. Il ne garde pas que l’enveloppe Pastef.

L’on verra si l’attrait et la force du pouvoir, qui n’ont pas sauvé Abdoulaye Wade et Macky Sall durablement au-delà de deux mandats, pourront être utiles à Bassirou Diomaye Faye pour au moins les deux mandats dont il rêve, avec l’espoir que la tentation d’un troisième mandat ne s’invite pas dans le débat. Car en effet, il ne faut rien exclure, après ce que nous sommes en train de voir au Sénégal et que nous avons vu ailleurs. Certains qui ont combattu cela hier au Sénégal et ailleurs, mais qui soutiennent ce que le chef de l’État sénégalais fait actuellement , pourraient, à compter d’un éventuel second mandat, lancer une campagne pour modifier la Constitution, et dire que c’est la voix du peuple souverain qui compte.

En attendant, nous notons que le patriotisme républicain est né au Sénégal. Nous lui souhaitons de vivre dans la paix aux côtés du patriotisme africain et des travailleurs, du PASTEF. À chacun son patriotisme !

Deux bonnes choses parmi tant d’autres : le président Faye n’a pas rompu avec l’idée de patriotisme ou de souveraineté, et, en rappelant son serment présidentiel, il a déclaré que « l’adversaire d’un jour reste un frère de toujours » et surtout il a plaidé pour que « plus jamais un désaccord politique ne coûte une vie au Sénégal ». Au passage, il a eu plus ou moins un mot pour les victimes passées, ces personnes mortes pour la cause de la démocratie et de l’alternance, pour la cause que Sonko ne devait pas être empêché d’être candidat, que Sonko et Faye ne devaient pas être en prison, ou pour des raisons à peu près similaires. Même s’il a pu parler au nom des victimes de tous les camps et non d’un seul camp, c’est vrai que ces causes ne méritaient vraiment pas la mort ! N’est-ce pas !!! Et c’est beau à entendre, c’est si joliment dit ! On aurait aimé que sous Macky Sall cela fût entendu par tous, y compris par celui qui poussait, avec Sonko ou derrière Sonko, des Sénégalais dans la rue. Aujourd’hui, ça se pose en gardien de l’ordre et de la stabilité face à celui-là même avec qui il avait provoqué et bousculé les mêmes institutions. Et hier déjà, on avait vu Sonko lui-même engager des procédures contre la presse et des journalistes. Le pouvoir produit les mêmes effets. Les sages ou écrivains avaient déjà prévenu : le pouvoir, l’argent et l’amour (la femme) ne changent pas l’homme, mais révèlent sa vraie nature. Celui ou celle qui parvient à demeurer lui-même après avoir connu le pouvoir, l’argent et l’amour est un homme vrai et pur. La tentation reste grande. Il n’y a pas lieu d’en vouloir au chef de l’État sénégalais, au président de tous les Sénégalais, qui a promis que le nouveau parti ne peut se prévaloir d’aucun privilège au motif qu’il serait le parti du chef de l’État. De belles professions de foi, qui ne peuvent que retenir l’attention. Merci et bon vent, monsieur le Président de la République ! Vive Kiiraay, la bonne semence.

NB : malgré tout, il y a eu quand même des piques et des allusions à Ousmane Sonko. Son nom n’a pas été cité, mais ce fut le procès de ses idées, de son parcours, de ses méthodes. Ce fut un moment de rupture avec un parcours et un moment de reniement d’un parcours. À la manière Faye : allusions et pas d’attaque frontale ni directe ( dire ce que l’on est et ce que l’on n’est pas pour dire ce que l’autre est ou n’est pas ) ! Est-ce du grand art ou simplement du bon ton face à ceux qui appellent un chat un chat et qui n’ont prennent pas de gangs pour dire et nommer les choses ? Excellent début de semaine et à mercredi pour la prochaine lettre de cette semaine.

AFRIKIPRESSE
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PAYMALLCI
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PRESSECOTEDIVOIRE
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ABIDJANNET
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