Dernère publication
Parlons aujourd’hui des critères de convergence de l’Eco, fixés par la CEDEAO et l’AMAO. Depuis le sommet de Lungi, en Sierra Leone, le sujet est redevenu brûlant.
Quatre critères de premier rang sont à retenir : un déficit budgétaire inférieur ou égal à 3 % du PIB ; une inflation annuelle maîtrisée à 5 % maximum ; un financement du déficit public par la banque centrale limité à 10 % des recettes fiscales de l’année précédente ; des réserves extérieures couvrant au moins trois mois d’importations. S’y ajoutent deux critères de second rang : un ratio dette publique/PIB inférieur ou égal à 70 % et une variation du taux de change nominal limitée à ±10 %.
La Côte d’Ivoire les a-t-elle atteints ?
Pas tous, mais elle est parmi les pays les mieux placés. Avec le Bénin et le Togo, elle avait respecté les six critères en 2018 et 2019. Depuis 2020, plus aucun État membre n’a rempli l’ensemble des six critères – effet Covid, puis guerre en Ukraine. Aujourd’hui, la situation est plus nuancée : l’inflation est plus ou moins conforme (3,5 % en 2024, avec une convergence vers 3 % dès 2025). La dette est également conforme, autour de 55 % du PIB, loin des 70 % fatidiques. Les réserves de trois mois sont assurées, tout comme le non-financement monétaire via la BCEAO. Le point noir reste le déficit budgétaire, encore au-dessus de 3 % (environ 4 % en 2024), avec un retour à la norme visé en 2025-2026. Bilan : cinq critères sur six sont plus ou moins respectés.
Qui est prêt, qui s’approche ?
Un peloton de tête se dessine. Il s’agit des pays de l’UEMOA aux finances assainies que sont le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire, et dans une moindre mesure le Sénégal. Ces pays bénéficient de la stabilité du change, de l’inflation basse et de l’absence de financement monétaire.
À l’opposé, les retardataires se situent du côté de la ZMAO (zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest). L’inflation y reste un mur : Sierra Leone (47,7 %), Ghana (37,5 %) et Nigeria (24,7 %) affichaient des taux alarmants en 2023. Malgré une désinflation en cours, ils restent loin du seuil de 5 %.
Reste l’inconnue des pays de l’AES avec le Burkina, le Mali et le Niger. Regroupés dans la Confédération des États du Sahel, ils utilisent toujours le franc CFA, tandis que leur place dans le futur dispositif de l’Eco suscite des interrogations et angoisses.
D’où la décision du sommet de Lungi, le 19 juillet dernier : le lancement de l’Eco commencera avec les pays qui remplissent les critères et sont prêts à y participer, les autres étant accompagnés. L’évaluation des critères fin 2026 déterminera quels pays formeront le noyau dur.
En attendant, saluons la visite du chef de l’État sénégalais , également président de la CEDEAO, au Mali. Une initiative qui mérite d’être soulignée.
Il faut aussi saluer, sans réserve, l’existence de la zone CFA. C’est l’une des rares choses qui fonctionne en Afrique. Au lieu de s’en féliciter et d’en analyser les causes, tout en réfléchissant à son amélioration, nous voyons plutôt que le CFA-bashing a pignon sur rue. Pourtant, l’Afrique subit des maux qui révoltent , sans que la monnaie en soit la cause première.
Un mot sur le Sénégal, encore
Au pays de la Teranga, un second tour , pourrait se jouer lors de la prochaine élection présidentielle. Une majorité moins marquée à la française pourrait aussi sortir des urnes en cas de dissolution dans les mois à venir. Chaque acteur politique doit donc éviter le mot de trop, et se dire que tôt ou tard, les uns auront besoin des consignes de vote des autres. Diomaye peut toujours avoir besoin de Sonko , malgré la rupture actuelle. Et malgré cela, Sonko peut encore avoir besoin de Diomaye. Alors balle à terre ….
Finissons par le football.
À la Fédération ivoirienne de football, chacun attend sa fumée blanche. L’attente n’est pas la même selon que l’on souhaite ou non une candidature d’union autour du président sortant. Il est à espérer que les initiatives en cours puissent conduire à un environnement apaisé, dans l’intérêt supérieur du football ivoirien. Les victoires d’aujourd’hui ne sont pas celles de demain ; les défaites d’aujourd’hui peuvent préparer les victoires de demain.
AFRIKIPRESSE
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PAYMALLCI
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