LETTRE DE L’IA – PAR WAKILI ALAFÉ :Le débat électoral, Paris et le service du pays

41
WAKILI ALAFÉ,DG de l'Intelligent d'Abidjan

Dernère publication

En Côte d’Ivoire, on n’échappe pas au débat du moment sur la nouvelle architecture électorale. La semaine passée s’est achevée sur la question, la nouvelle semaine qui démarre s’y plongera forcément. Peut-on parier que la Constitution ne sera pas modifiée et que le gouvernement soumettra simplement une loi pour la mise en place d’un nouvel organe ?

Ce débat interpelle au-delà de la procédure d’autant plus que Gouvernement et Opposition semblent se rejoindre sur un point : l’on n’aura pas une seule super CEI à l’ancienne , mais plutôt une architecture à trois têtes selon les prémisses du projet gouvernemental d’une part , et d’autre part à deux têtes selon les bribes des projets de l’opposition. Pourquoi superviser une commission d’experts et y placer des partis politiques qui en sont exclus ? Même si ce n’est que pour superviser, cela montre que les partis politiques conservent une place dans le processus. Cela dit, qui définit le moment de leur participation ? Les partis politiques ne peuvent être à la fois ceux qui arbitrent, ceux qui jugent et ceux qui décident du moment où ils entrent ou sortent du jeu. Cette instabilité des consensus, sans cesse remis en cause, interpelle.

Le dialogue politique

Rappelons que la CEI dissoute est le fruit d’un dialogue politique. En 2020, après le boycott actif, il y a eu deux cycles de dialogue – avec feu Hamed Bakayoko, puis avec Patrick Achi. Ceux qui avaient contesté Kuibiert en 2019 ont ensuite accepté cette CEI, et tout le monde est allé aux législatives en 2021. Lors du dialogue V mené par Patrick Achi en 2022, le gouvernement avait prévenu qu’il s’agissait du dernier sous cette forme, et un mécanisme de suivi avait été mis en place. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les récentes rencontres du ministre de l’Intérieur avec l’opposition. Celle-ci pouvait s’en saisir pour faire le point des acquis, pour demander un renforcement du format dans ce cadre, plus de rencontres inter actifs avec le président du comité de suivi . et non pour tout remettre à plat. Se parler est un dialogue. Le format du dialogue est-il plus important que la possibilité de se parler et de partager les points de vue ? Il reste possible de trouver des points de convergence et de ne pas se tromper de combat, malgré les désaccords sur la forme du dialogue.

Paris : deux activités, un même fil

Loin de la Côte d’Ivoire, à  Paris ce week-end, j’ai été présent à deux activités avec un même fil conducteur : l’engagement et la fidélité aux idées.

Samedi 17 octobre 2026, j’ai participé à la troisième édition de la journée hommage à Félix Houphouët-Boigny, organisée par Touré Mamadou. Plus de cent personnes ont répondu à l’invitation autour de la vision du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne.  J’avais à mes côtés Jean-Paul Oro, compagnon de route de plus de trente ans. Il a témoigné de mon engagement houphouétiste et fait preuve d’esprit en transcendant les accords du processus de renouvellement. L’hommage à Houphouët-Boigny est un devoir qui va au-delà des partis et même de la Côte d’Ivoire. Bravo aux organisateurs.

Le lendemain dimanche 18 octobre 2026, jour de naissance de FHB, j’ai assisté à l’investiture du président de l’Union des Journalistes Ivoiriens de France (Ujif) , structure désormais dirigée par mon frère Axel Hillary. La cérémonie s’est passée sous le signe de la réconciliation avec la présence de Jean Paul Oro, président sortant.

Servir son pays

Je termine par une interpellation à mon frère Félix Diby Bony. Dans une interview à Jacques Radio, il affirmait soutenir le pays, être au service de la Côte d’Ivoire, et non des hommes. Pour moi, opposer le service de la Nation à l’engagement partisan, c’est dévaloriser l’engagement politique. On ne cesse pas de servir son pays en militant au PPA-CI, au PDCI, au FPI ou au RHDP. Servir des hommes et des femmes, défendre une idée avec eux, ce n’est pas cesser de servir son pays ! Je soutiens sa posture de non-alignement, qui est la mienne, mais ceux qui sont alignés sont assurément de bonne foi.

Cela ramène au débat sur les institutions fortes contre les hommes forts, à la suite de ce que  le président Obama avait affirmé. Il n’y a pas d’institutions fortes sans hommes et femmes vrais, forts. Les institutions sont créées, animées et rendues fortes par des hommes et des femmes de valeur. Pour que la justice, les médias et les organes de régulation deviennent crédibles, il faut des femmes et des hommes de conviction. À mercredi déjà !

AFRIKIPRESSE

https://afrikipresse.com/lintelligentpdf/o5i2QPRVj10a2Dlevoc3

 

PAYMALLCI

https://paymallci.com/go/97X7

 

PRESSECOTEDIVOIRE

https://www.pressecotedivoire.fr/titrologie/all

 

ABIDJANNET

https://news.abidjan.net/titrologie

 

YOUSCRIBE

https://www.youscribe.com/intelligent_dabidjan/

 

 

Commentaire

PARTAGER

Commentez cet article