LETTRE DE TORONTO BY WAKILI ALAFÉ (2): Péripéties entre l’immigration et le chemin de l’hôtel

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Frayeurs, contrariétés… Après l’épisode du visa américain à Abidjan, je pensais avoir épuisé mon quota d’émotions. Que nenni !

Nous sommes vendredi 19 juin 2026. Mon deuxième jour à Toronto. Avant le grand rendez-vous de ce samedi 20 juin 2026 entre les Éléphants et les Allemands , un clin d’œil à tous les pères : bonne fête à eux ! Bonne fête à moi, à vous et à nous.

Mon vol Air France Paris-Toronto du 18 juin 2026 s’est globalement bien déroulé. À l’embarquement, des visages familiers et des échanges prometteurs. Peut-être que certains ont voyagé incognito. Je me garde donc de les citer dans cette lettre, sans aucune intention de créer un mystère ni de cacher quoi que ce soit… À l’arrivée, premier couac : impossible de valider électroniquement mon entrée au Canada. Résultat : une heure trente d’attente dans la file , le regard fixé sur le guichet. Quand l’agente m’a enfin reçu : trois questions, un ticket de stade à présenter, et voilà. Rien de plus. Ces 90 minutes de frayeur m’ont pourtant fait penser au sort de l’illustre arbitre somalien dont la mésaventure américaine a laissé la toute-puissante FIFA impuissante. J’ai eu plus de chance : je suis sorti indemne de la vigilance des services canadiens de l’immigration, même si j’accusais la fatigue.

Nouvelle contrariété à la sortie. Le taxi Uber commandé prend un chemin que je ne vérifie pas sur le GPS. Confiance aveugle. Erreur fatale ! Il me dépose au mauvais Novotel. « Ce n’est pas ici, monsieur », me dit-on à la réception alors que je brandis fièrement les références de ma réservation sur mon portable. Le chauffeur est déjà loin. Cinq minutes plus tard, un taxi jaune à compteur surgit. Le conducteur ? Un Nigérian, ancien résident d’Abidjan, installé au Canada depuis une dizaine d’années. Dans les rues de l’Ontario anglophone, nous faisons la causette en anglais comme deux vieux copains. Il est enthousiaste, je lui glisse ma carte. Promesse : à son prochain voyage à Abidjan, il m’appellera. Une de ces belles rencontres qui jalonnent ce périple.

Une constante se dégage de ce voyage : stewards d’Air France, passagers croisés à Paris, ce chauffeur… tous envoient leurs ondes positives. « Succès aux Éléphants ! »

Un homme ne doute pas de ce succès : Metch Adjé Silas. Le ministre des Sports est arrivé deux jours avant moi à Toronto. Alors que je lui signalais mon arrivée , il s’apprêtait à aller à l’accueil des Éléphants dans la ville, à 48 heures du choc contre l’Allemagne. Ambiance rassurante. Mieux : il promet la victoire. Il doit ensuite rentrer à Abidjan pour peaufiner les autres aspects de la suite de la compétition (suivez mon regard…) avant de revenir. Je l’ai rencontré hier, vendredi 19 juin 2026, et il m’a transmis son enthousiasme. Son secret : que les joueurs ivoiriens tirent au but. Le ministre ajoute qu’ils savent que tout un peuple est derrière eux, à commencer par le président de la République, qu’ils savent ce qu’ils ont à faire.

Hier, j’ai passé de bons moments avec SEM Bafetegué Ouattara, ambassadeur de Côte d’Ivoire au Canada qui m’a toujours invité dans sa représentation diplomatique. Il a estimé que je lui dois toujours cette visite, car c’est finalement la Coupe du monde qui m’amène vers lui. Il attend que je réponde à son invitation pour une visite officielle ( excusez du peu ….). J’ai aussi eu plaisir à échanger avec l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Mexique, ainsi qu’avec d’autres collaborateurs du ministre des sports. On en reparlera dans la prochaine lettre de Toronto. Excellent week-end à tous, et allez les Éléphants !

NB : il y’a quelques années, lorsque je voyageais à l’étranger , trouver une connexion en dehors de l’hôtel, de l’aéroport, était un moment de stress et d’angoisse. Il fallait acheter une puce locale une fois arrivé à l’aéroport, ou aussitôt à l’hôtel. De nos jours, la e SIM, les forfaits Roaming ou pass voyages des opérateurs, ainsi que d’autres équipements wifi, ont réduit cette angoisse. C’est vrai que cela peut coûter cher, et qu’il faut avoir des moyens de paiement adéquats, mais c’est utile à signaler. Et c’est encore mieux que d’avoir à changer de SIM, ou de téléphone à chaque visité pour un court séjour. Même si je n’ai pas résisté, il y’a deux ans, à souscrire un abonnement avec un opérateur américain, dans le Maryland, je veux dire que l’internet est vraiment de plus en plus rendu accessible.

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