Musique- De Mamadou Doumbia, Amédée Pierre à François Lougah, Ernesto Djédjé…

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Ernesto Djédjé chantait en langue Bété avec des proverbes et ‘’citations’’des choses de la vie

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Mamadou Doumbia, François Lougah, Amédée Pierre, Ernesto Djédjé, Aspro Bernard. Ces noms ne vous disent quelque chose ? Peut-être que vous ne savez plus très bien ce qu’ils ont été. Vous n’êtes pas excusable. Parce que ces hommes étaient des musiciens des années 50, 60, 70, 80.

Aujourd’hui 2020, ils ont quitté la scène musicale. Ils ne sont plus encore en vie. Je vous en parle dans le bilan des 60 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire parce qu’ils ont laissé des souvenirs musicaux inoubliables. Mamadou Doumbia, François Lougah, Amédée Pierre, Aspro Bernard ou encore les “sœurs Comoé”, Angbakou Ludovic, Okoi Athanase ont dans leurs missions musicales fait plaisir au président Félix Houphouët-Boigny. Leurs missions restent instructives quand le président recevait en Côte d’Ivoire Joseph-Désiré Mobutu du Zaïre, Maurice Yaméogo de la Haute-Volta, François Tombalbaye du Tchad, Modibo Keita du Mali, Habib Bourguéba de la Tunisie. A l’époque, il n’y avait pas de musiciens “proche” du pouvoir. Ils étaient tout simplement “tout près” et lui plus haut. Félix Houphouët-Boigny leur avait offert à chacun un orchestre complet, de l’argent pour qu’ils deviennent les meilleurs de l’Afrique. Raison pour laquelle ces musiciens étaient toujours à la table de “félicitations”. François Lougah a été le “dignitaire” musicien à avoir facilement pris contact avec Félix Houphouët-Boigny, et Amédée Pierre à avoir longuement parlé avec le Président. Félix Houphouët-Boigny connaissait bien Amédée Pierre, infirmier d’État à l’hôpital du pont à l’époque. Il le suit ensuite de loin jusqu’à lui offrir un orchestre complet. Ernesto Djédjé, Mamadou Doumbia, François Lougah, Aspro Bernard, Amédée Pierre, chantaient en “langues locales”. Les messages révélés étaient toujours instructifs, parfois passionnants. Ces musiciens avaient-ils besoin d’argent ? Ils aimaient tout simplement leur période musicale, et gagnaient facilement la confiance des mélomanes ivoiriens.

200 ou 300 francs le ticket d’entrée

Tenez-vous bien. Ces musiciens étaient très médiatisés, très “visités” par Noël Ebony chargé de la page culture de Fraternité-Matin, Mohamed Diallo de la télévision, Kakedime de la radio. Et Amédée Pierre, Mamadou Doumbia, Aspro Bernard, Ernesto Djédjé, François Lougah, avaient une conviction inébranlable pour la musique. Ce qui serait que l’argent ne “parlait” pas fort à l’entrée des salles. Eh bien, il fallait payer 200 ou 300 Fcfa pour danser jusqu’au matin. Avec une certaine habilité, ces musiciens des premières années de l’indépendance sont parvenus à égayer les mélomanes ivoiriens, faisant fi de toute “importance” de l’argent.


Ben Ismaël

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