Pape Gnépo, artiste et promoteur du style musical : “Il faut que le Wôyô-jazz fasse le tour du monde comme le Jazz-rock, Jazz-funk”

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Gnépo Gnépa Gotié dit Pape Gnépo, est un artiste-musicien. Il est le créateur d’un style de musique appelé ‘’Wôyô- jazz’’. Dans cette interview il explique pourquoi et comment, il a créé ce style musical.

Quand a été créé le Wôyô-jazz ?

Le Wôyô-jazz a été créé, il n’y a pas longtemps. Il est né en février 2019. Il était en pièces détachées depuis longtemps, puisque très jeune déjà, j’étais Wôyô comme je l’ai dit. Et quand je suis venu au village Ki-Yi, avec la formation de notre doyen, Bony Gnaoré, j’ai été initié au jazz.

Comment définissez-vous le ‘’Wôyô-jazz’’ pour ceux qui le découvrent pour la première fois ?

Je leur dirai que le Wôyô-jazz n’est rien d’autre qu’une source de nos ‘’entrailles’’. Parce que c’est un cocktail des rythmes africains. Quand tu vois bien les rythmes africains, il y a une similitude. Il y a toujours un point d’intercession. Et le Wôyô en question, c’est une musique de chez nous que l’urbain a récupéré et a essayé d’en faire une musique d’une certaine conception, d’une certaine vision. Et aujourd’hui, cela a fusionné avec le jazz qui a la même histoire, qui était vraiment une musique péjorative et qui aujourd’hui est une musique d’excellence. Voilà un peu l’histoire du Wôyô-jazz.

Pouvons-nous dire que c’est vous, l’initiateur du Wôyô-jazz?

Je peux dire Oui. Une personne peut avoir une idée et une autre personne peut avoir la même idée quelque part. Dans cet environnement, je dis Oui. Mais, peut-être que quelqu’un d’autre l’a imaginé aussi quelque part . Le wôyô existait depuis longtemps. Moi, je cultive une valeur humaine que j’appelle la gratitude. Parce que c’est le Wôyô qui m’a fait quand j’ai quitté les bancs. Il m’a permis d’être ici aujourd’hui et m’a fait voyager. Le tambour est ma voix. Et c’est ce qui m’a permis aujourd’hui de me confirmer, de l’assumer. Et dans ma reconnaissance, je me dis qu’il faut que je porte ce flambeau en tant que gardien de la tradition. Mais le Zouglou sort du Wôyô. Le Wôyô, c’est vraiment le laboratoire dans lequel est sorti presque tous les grands Zouglouphiles que vous pouvez connaître aujourd’hui.

Quelles sont vos ambitions avec le Wôyô-jazz et pourquoi l’avez-vous créé ?

Le Wôyô-jazz se dresse comme un canal pour véhiculer des valeurs surtout humaines.

Et quelles sont ces valeurs humaines ?

Je dirai d’abord la gratitude. Parce qu’il y a un sérieux problème. On n’a pas l’art vraiment d’entretenir nos sources, nos valeurs passées. Parce qu’on a toujours envie de refaire. Chacun vient et fait pour lui. Alors que la vie doit être un maillon qui continue. C’est pour cela qu’on parle d’éternité. S’il faut toujours faire table rase, et que chacun vienne avec sa vision, on ne retiendra rien. Et moi, je me dis que le Wôyô-jazz véhicule surtout la gratitude. Cette valeur-là que je considère comme un maillon d’harmonie, de rassemblement, de continuité et de liaison avec notre passé.

Vous étiez récemment en tournée musicale dans les différents quartiers d’Abidjan. Quelle a été la réaction des spectateurs ?

Les gens ont apprécié. L’être humain a toujours cette tendance de reconnaître la valeur, l’originalité. Comme je dis, il fallait rester dans le laboratoire, bien peaufiner le produit et ensuite faire appel à vous hommes de médias, pour que ça puisse décoller et faire le tour du monde pour toucher presque toute l’humanité.

Quel est votre message?

Il faut vraiment que le Wôyô-jazz fasse le tour du monde et qu’il soit classé parmi les musiques reconnues comme le Jazz-rock, Jazz-funk, … Surtout qu’il puisse apporter l’élévation des consciences de l’humanité.

Interview réalisée par MO avec KN

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