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Plusieurs affaires étaient le mercredi 8 avril 2026, devant le Pôle pénal économique et financier (Ppef) d’Abidjan-Cocody.
Parmi les affaires, figurait celle impliquant le président‑directeur général de la société Kds Holding, poursuivi pour escroquerie par appel public portant sur la montant estimé à 10,238 milliards de francs CFA, ainsi que pour blanchiment de capitaux. Les co‑prévenus étant absents, le dirigeant d’entreprise était seul à comparaître à la barre. En détention depuis le 26 juin 2024, sa défense a sollicité sa mise en liberté provisoire.
« Mon client est père de six enfants. Cela fait deux ans qu’il est séparé de ses enfants, de sa famille. Avant d’être chef d’entreprise, il est chef de famille. M. Koffo D. S est humain et républicain. Il n’a jamais cherché à fuir. Il a toujours manifesté sa volonté d’être à la disposition de la justice. Il exprime cette demande de mise en liberté provisoire pour renouer avec sa famille qui est disloquée », a plaidé son avocat. Pour appuyer cette requête, son avocat a produit le contrat de bail du domicile de l’accusé afin de garantir sa représentation devant le tribunal. Le parquet s’est opposé à cette demande, estimant que le préjudice financier est particulièrement élevé. « Le montant du préjudice, estimé à plus de 10 milliards de francs CFA, est considérable. Une caution de 10 millions de francs CFA ne saurait suffire à justifier une mise en liberté provisoire », a soutenu le parquet. La partie civile a également marqué son opposition à la requête.« Nous pensons que nous lui rendons service en le laissant en prison et venir comparaître devant le tribunal. Parce que s’il sort, il pourrait se faire suicider par ces personnes qui ont gros sur le cœur», a répliqué la partie civile. Le tribunal a finalement mis l’affaire en délibéré au 13 avril 2026.
Contrôle judiciaire levé pour un député
Dans un autre dossier, le tribunal a accédé à la requête de mainlevée du contrôle judiciaire introduite par l’avocat du député de Gboguhé‑Zahibo, Kipré.S. poursuivi pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Le parquet ne s’étant pas opposé à la demande, le tribunal a levé les mesures restrictives qui pesaient sur l’élu, notamment le retrait de son passeport, l’interdiction de sortie du territoire et l’obligation de pointage bi‑mensuel. « Mon client était sous contrôle judiciaire pour nécessité d’enquête. L’instruction est terminée. Le statut de mon client a changé. Il a une représentation absolue en sa qualité de député. Il doit participer aux réunions à l’extérieur dans le cadre de la diplomatie parlementaire. Quand il était inculpé, il a toujours répondu aux convocations du juge d’instruction et à bonne date. Aucune justification pour maintenir le contrôle judiciaire », a-t-il expliqué. Cette décision intervient après la mainlevée sur les comptes bancaires ainsi que la disjonction dans l’affaire pendante devant la Cour du prévenu en sa qualité de député.
Affaire Snedai, jugement par itératif défaut
Enfin, le dossier impliquant l’ancien directeur des affaires financières de la société Snedai, condamné par défaut à sept ans de prison et à une amende de 5,538 milliards de francs CFA, a été examiné. Ayant formé opposition à sa condamnation, l’accusé devait comparaître devant le tribunal. Toutefois, ni lui ni ses avocats ne se sont présentés à l’audience. La présidente du tribunal a alors décidé de statuer par itératif défaut, refusant toute demande de renvoi. « Vous n’aurez pas votre renvoi. Le tribunal va ordonner l’itératif défaut », a martelé la présidente du Ppef.
Olivier Dion avec A. Traoré




