Dernère publication
Trois affaires d’orpaillage clandestin ont été examinées, dans la matinée du lundi 2 novembre 2026, par la première chambre correctionnelle du Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan.
Sept prévenus ont comparu pour exploitation, prospection et commercialisation de pierres précieuses sans titre minier, ainsi que pour pollution d’éléments naturels nécessaires à la vie et à la santé des populations.
La première affaire a mis en cause Issiaka S. et Allassane T. Ils ont été interpellés en juillet 2026 à Tanda, sur un site d’orpaillage clandestin aménagé dans un trou.
Âgé de 23 ans, de nationalité burkinabè, maçon et père de deux enfants, Issiaka S. a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué avoir été recruté par un certain Lafil. Son travail consistait à laver l’or en contrepartie d’un salaire mensuel de 20 000 FCFA. Après la vente de l’or, son employeur lui aurait également remis 30 000 FCFA. Il a indiqué avoir travaillé pendant un mois et reconnu ne disposer d’aucun titre minier.
Allassane T., 22 ans, de nationalité malienne et saigneur d’hévéa, a soutenu qu’au moment de son interpellation, il faisait la lessive et non de l’orpaillage. Le président de séance lui a alors donné lecture de ses déclarations faites aux gendarmes, dans lesquelles il avait reconnu exercer cette activité sans autorisation. À la barre, il a précisé avoir cessé l’extraction de l’or deux mois auparavant, après la fuite de son employeur.
Les deux prévenus ont été condamnés à 24 mois d’emprisonnement. Ils ont toutefois été déclarés non coupables du chef de pollution des sources d’eau.
La deuxième affaire concernait Emmanuel B. et Oumar Y., interpellés en juillet 2026 à Dibibango, près de Tanda.
Emmanuel B., 27 ans, de nationalité burkinabè, cultivateur et père d’un enfant, a expliqué qu’il s’était lancé dans le ramassage de l’or pour financer les ordonnances médicales de son épouse enceinte. Selon lui, les revenus du café et du cacao ne lui permettaient pas de faire face à ces dépenses. Un ami l’avait alors recruté sur un site d’orpaillage clandestin. Il y aurait travaillé pendant deux jours avant que son recruteur ne prenne la fuite le jour de leur interpellation. Il a reconnu ne disposer d’aucune autorisation pour prospecter l’or.
Oumar Y., 48 ans, de nationalité burkinabè et père de quatre enfants, a déclaré avoir rejoint le site après avoir perdu son emploi de boucher à l’abattoir de Port-Bouët. Recruté par un ami, il s’occupait du ramassage et du transport des cailloux contenant de l’or vers un espace de stockage. Il a reconnu exercer cette activité sans autorisation administrative.
Le président de séance a relevé une contradiction dans les déclarations d’Emmanuel B. Celui-ci avait indiqué aux gendarmes avoir travaillé pendant sept mois, alors qu’il a déclaré à l’audience n’avoir exercé que durant deux mois.
Emmanuel B. et Oumar Y. ont également été condamnés à 24 mois d’emprisonnement.
La troisième et dernière affaire concernait Marc D., Damas B. et Rima François N. T. Les trois prévenus, assistés de leur avocat, ont été interpellés en juillet 2026 à Kalfoundo, dans la région de Bouna.
Marc D., 24 ans, a déclaré avoir ramassé des cailloux contenant de l’or pendant deux mois avant de les introduire dans une broyeuse. Il percevait une rémunération mensuelle de 50 000 FCFA.
Damas B., 27 ans, éleveur, a expliqué avoir été recruté par un nommé Mohamed. Son travail consistait à casser les cailloux et à les asperger d’un produit. Il a affirmé avoir travaillé pendant deux semaines sans percevoir de salaire.
Quant à Rima François N. T., 44 ans, de nationalité burkinabè, maçon à Dabou et père de trois enfants, il a expliqué s’être reconverti dans l’orpaillage après la fermeture du chantier qui l’employait. Il a exercé cette activité pendant trois semaines.
À la demande du président de séance, Marc D. a décrit les différentes étapes de leur travail. Les cailloux contenant de l’or étaient broyés, grillés, puis traités avec du charbon et un produit qu’il a identifié comme étant du cyanure.
Les trois prévenus ont reconnu ne posséder aucune autorisation pour prospecter ou exploiter l’or. Leur avocat a sollicité la clémence du tribunal.
À l’issue des débats, Marc D., Damas B. et Rima François N. T. ont été condamnés à 24 mois d’emprisonnement.
Astrid Chacha



