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Dame Traoré N., épouse Diarrassouba, a comparu le mardi 19 mai 2026 devant le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan-Cocody dans une affaire présumée d’escroquerie portant sur des numéraires et de blanchiment de capitaux.
Cheffe d’entreprise et mère de trois enfants, la prévenue Traoré N , est placée sous contrôle judiciaire depuis le 20 janvier 2026. À l’ouverture de l’audience, son avocat a sollicité un renvoi afin de disposer davantage de temps pour examiner le dossier. Après de vifs échanges entre les différentes parties, la présidente du tribunal a toutefois décidé d’entendre le plaignant avant de statuer sur la demande de renvoi. À la barre, Akré D. F., le plaignant est revenu sur l’origine de l’affaire, qu’il situe en 2018. Selon son témoignage, un proche présenté comme « un frère en Christ » lui a proposé l’acquisition de terrains situés dans une cité résidentielle à Cocody. « Au départ, j’étais réticent à cause des nombreux litiges fonciers. Mais après plusieurs insistances, nous sommes allés visiter le site », a-t-il expliqué. Le plaignant a affirmé avoir été séduit par l’emplacement et a décidé d’acheter quatre parcelles au prix unitaire de 35 millions francs Cfa, soit un montant global de 140 millions de francs Cfa. Avant toute transaction, des vérifications ont été effectuées par sa notaire, Me Kouamé, afin de s’assurer de la régularité des terrains. « Après étude, elle m’a rassuré que je pouvais m’engager. J’ai alors remis 120 millions francs Cfa à Mme Traoré en présence de ma notaire et de mon frère en Christ », a-t-il déclaré. Toujours selon le plaignant, une clôture occupait déjà les parcelles concernées. Dame Traoré lui a alors assuré que des démarches seront entreprises pour libérer le site dans un délai de trois mois. Peu avant l’expiration de cette échéance, elle lui a réclamé 5 millions de francs Cfa supplémentaires pour finaliser certains documents administratifs. Akré D. F. a soutenu qu’après ce délai, il n’a plus obtenu de nouvelles ni de la prévenue ni de l’intermédiaire qui l’avait mis en relation avec elle. Invitée à présenter sa défense, Dame Traoré a reconnu les principaux faits évoqués par le plaignant. Elle a cependant expliqué que l’échéance annoncée avait coïncidé avec des problèmes de santé qui l’ont contrainte à se rendre au Maroc pour des soins. « Pendant mon absence, l’entreprise est restée entre les mains de mon frère. La société a ensuite fait faillite et c’est depuis le Maroc que j’ai appris la vente aux enchères de l’îlot », a-t-elle déclaré. La prévenue a néanmoins affirmé que les quatre terrains attribués au plaignant demeurent disponibles et n’ont pas été cédés. Une version contestée par la présidente du tribunal, qui a indiqué que plusieurs documents versés au dossier font état de la vente de trois lots, dont certains appartenant au plaignant, à des tiers.
L’affaire a été renvoyée au vendredi 5 juin pour la poursuite des débats, les réquisitions et plaidoiries.
Touré Abdoulaye avec A. Traoré




