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« Nous ne disposons pas encore, à l’échelle nationale, d’une mesure de l’imprégnation mercurielle des populations exposées, parce que nous n’avons pas encore fait d’études scientifiques permettant de savoir la teneur ou la concentration de plomb dans le sang, les cheveux et autres des populations. Ce qui aurait permis de savoir à quel point l’impact sanitaire est avéré. » Ces mots sont du Directeur général du Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL), Bernard Ossey Yapo.
Il était invité par le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI), le vendredi 9 octobre 2026 à Abidjan-Marcory, à son activité dénommée « Le petit déjeuner de l’innovation ». Une activité qui avait pour thème : « Orpaillage en Côte d’Ivoire : de l’urgence environnementale aux solutions innovantes et durables ». Le patron du CIAPOL a prononcé la conférence inaugurale dont le thème était « Orpaillage clandestin et illégal en Côte d’Ivoire : état des lieux des impacts environnementaux et défis de pollution et de restructuration des milieux ».
Le patron de l’organisme gouvernemental de lutte contre la pollution a fait savoir que 29 régions sur les 31 du pays sont touchées par l’orpaillage clandestin et que les eaux et les sols sont fortement dégradés. Il a évalué à 8 500 le nombre de sites d’orpaillage déguerpis entre 2021 et 2026. Dans la seule période de janvier à juillet 2026, ce sont 1 114 sites qui ont été démantelés avec 1 531 personnes interpellées. 545 sites restent encore actifs dans 56 départements administratifs, soit entre 1 530 et 1 635 hectares de terre encore occupés.
[ « Nous sommes arrivés au stade de contamination humaine » ]
À côté de toutes ces actions engagées par l’État dans la lutte contre le phénomène et ses conséquences, il a insisté sur la nécessité de mener des études de l’impact sanitaire sur l’homme. « Les intoxications chroniques par l’arsenic, le plomb et le chrome, avec leur cortège de dermatoses, d’atteintes rénales et de cancers, les neurosensibilités du mercure dont les effets sur le développement de l’enfant sont irréversibles, sont l’apanage de la pollution des eaux par l’orpaillage clandestin. (…) C’est une lacune que nous devons combler, car elle ne protège pas bien. C’est en cela que je voudrais inviter le FONSTI à nous accompagner pour que des projets naissent dans ce sens afin de travailler sur l’homme, parce que nous sommes arrivés au stade de contamination humaine. Il faut des projets pour travailler sur l’homme afin de voir notre niveau d’exposition au mercure dû à l’activité de l’orpaillage », a dit le DG du Ciapol, qui a souligné qu’en 2013, des traces de cyanure avaient été découvertes dans du poisson pêché à Yamoussoukro, alors que l’orpaillage clandestin n’était encore pratiqué que dans le Nord du pays. Tout comme le DG du Ciapol, des chercheurs financés par le FONSTI sont intervenus sur la nécessité de dépolluer les eaux et les sols à la fin des opérations de déguerpissement. Ils ont appelé à ce que la recherche de solutions de dépollution soit confiée aux scientifiques ivoiriens. « La réponse aux impacts environnementaux de l’orpaillage illégal et clandestin doit inclure la science, la technologie et l’innovation. C’est dans cette option que s’inscrit l’action du FONSTI, qui se veut une structure qui aide à produire des connaissances et à favoriser l’émergence de solutions innovantes pour adresser les problèmes de développement économique et social de la Côte d’Ivoire », a dit, pour sa part, Yaya Sangaré, le Secrétaire général du FONSTI.
Jean-Hubert Koffo
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