Samedi 20 mars – La journée de la Francophonie en Côte d’Ivoire.

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photo AIP

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Ce samedi 20 mars, a lieu la journée de la Francophonie. Hasard du calendrier, il y a maintenant deux ans, en mars 2019, s’éteignait Bernard B Dadié à l’âge de 103 ans. Il est considéré comme le « père fondateur de la littérature ivoirienne d’expression française ». L’hommage rendu, a été à la hauteur du sage, qui se plaisait à dire que « l’homme instruit est un lion ».

Parmi la soixantaine de langues ivoiriennes, le français est en train de s’« ivoiriser » car il existe une grande variété du parler « français local ». Un grand nombre de locuteurs s’approprient et colorisent le français qui entre dorénavant dans les réalités du pays.

Le français comme langue importée s’est petit à petit fondu dans le moule de la société ivoirienne. Bien que la langue française soit officielle en Côte d’Ivoire, il existe une variété d’usage du français populaire. Tout le monde connaît ici le « français de moussa , le « français de Treichville », le « français populaire d’Abidjan », « le français populaire ivoirien » et le « nouchi ».
Pour donner la preuve de la richesse du français ivoirien, il faut se souvenir que lors de la 39eme session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie qui s’était tenue à Abidjan en 2013 ; Abdou Diouf alors Secrétaire général de la Francophonie avait parlé d’« avion par terre » tandis que le Président Alassane Ouattara, lui, avait déclaré « Président Diouf, nous sommes « enjaillés » de toi au Président « choco ». Ces expressions, qui ont été longuement applaudies, montrent la popularité du français ivoirien.

Par ailleurs, si on s’attarde sur le nouchi, l’appropriation du français par des jeunes avec des langues locales africaines montre bien la vitalité du verbe et de la sémantique. Le nouchi se présente comme une variété linguistique générationnelle. Le nouchi a un vocabulaire d’emprunt aux langues ivoiriennes. Sans être une alternative au français, le nouchi est l’expression de la rue, de la jeunesse, des étudiants. C’est un marqueur et une appartenance. C’est également un mariage réussi entre le français et la société ivoirienne. Ce phénomène linguistique a su rapidement gagner l’estime des plus jeunes, et il est en passe de s’étendre à toutes les couches de la société ivoirienne.
Il y a bien une Francophonie qui recouvre des « parlers français » dans leurs formes d’usages, et qui a cessé d’être une langue étrangère pour le locuteur ivoirien.

Comme on dirait en nouchi : « connaisseur connait » et reconnait la symbiose et les avantages du français avec les langues locales !

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