Dernère publication
Nous sommes lundi 22 juin 2026, alors que j’écris. Et nous deux Mmes mardi 23 juin 2024, au moment où vous me lisez. Dans 24 heures, si Dieu le veut, je mettrai le cap sur Philadelphie pour suivre, le lendemain, le troisième match des Éléphants. Cette période est celle de l’attente avant de savoir qui les Éléphants affronteront et où : Dallas ? Philadelphie ? Ou peut-être au Mexique ? On en saura plus dans 48 heures, c’est-à-dire jeudi 25 juin 2026. Au moment où j’écris ces lignes, ce sera dans 72 heures.
Le dimanche 21 juin 2026 à Toronto, a été une petite journée shopping. Les malls et restaurants de Toronto avaient vibré aux couleurs de la Côte d’Ivoire pendant quelques jours. Ce n’est plus le cas désormais. Orange, vert, blanc étaient bien visibles dans le périmètre qui était le mien… Quelle fierté de voir ces couleurs si loin de chez nous. Ceux qui doutent encore du nation branding par le sport devraient voyager à ces occasions. Le jeu des joueurs est utile pour promouvoir un pays pendant la Coupe du monde. C’est pour cela que Drogba a été perçu comme un véritable ambassadeur, que Samuel Eto’o et George Weah furent de belles cartes postales pour leur pays. Investissons davantage dans le sport. Mais aussi dans la culture, la littérature, la science, la recherche… Les prix Nobel aussi servent bien à quelque chose. Aucun domaine ne doit être négligé, même si tout est prioritaire et que nous pensons souvent que c’est l’école , la santé et l’éducation qui sont plus les choses les plus importantes.
À Toronto , la routine est de retour. Les supporters maso , les fans des Éléphants pour qui le sport est ingrat , et qui ne veulent que les victoires, sont toujours au rebond. Cependant la colère légitime s’apaise doucement doucement. Le choc est encore là, mais nous devons le dépasser pour construire les victoires à venir. N’oublions pas Ebimpé, n’oublions pas la défaite face à la Guinée équatoriale. Moi je suis un vieux ou ancien supporter. J’étais dans l’aventure de 2006 en Égypte lors de la Can , puis à la première Coupe du monde en Allemagne la même année. À cette période , nous avions un palmarès d’une seule CAN , celle de 1992. Aujourd’hui, nous avons deux nouvelles étoiles. Quel parcours ! Hormis les journaux de sport en Côte d’Ivoire, L’Intelligent d’Abidjan fait partie des quotidiens d’information générale à consacrer plus d’espace avec l’actualité sportive (football, taekwondo, athlétisme, basket…). Une dynamique de promotion de l’excellence à tous les niveaux. Depuis 23 ans , le journal accompagne les Éléphants dans tous les domaines de la vie, pas qu’en football.
Fort de toutes ces déceptions, mais aussi de ces bonheurs.
Depuis 2006, sous la gouvernance du président Jacques Anouma, à qui l’on doit notre premier et deuxième Mondial, puis sous Sidy Diallo, et aujourd’hui sous Idriss Diallo, nous avons eu le privilège de vivre ces moments de soutien aux Éléphants. Cet engagement et cet investissement incite certes à l’exigence à l’égard des joueurs et des dirigeants , mais aussi à la compréhension et à l’empathie.
À Toronto, je compte profiter de la pause pour avancer sur des travaux de recherche universitaire, sans vraiment oublier Abidjan. Je reste connecté, mais un peu loin des groupes WhatsApp. Je vois par exemple que le Premier ministre est à la manœuvre pour le prochain organe électoral. Des échanges ont commencé sur la question. Le gouvernement ne mettra pas en place un organe de façon unilatérale. Un consensus général durable et permanent sera certes difficile, mais commencer par dialoguer est déjà une excellente chose. J’ai lu le discours du chef du gouvernement. Je comprends qu’il est envisagé un organe électoral éclaté. Les détails sont attendus.
Les regards d’Abidjan sont tournés sur Toronto et Philadelphie, pour la coupe du monde. Cependant les regard de la Diaspora sont également tournés vers la Côte d’Ivoire. La diaspora, cette 34ᵉ région ivoirienne, se fait sentir. On la perçoit avec force. Elle donne lieu à de plus en plus d’initiatives. Un ministère lui est dédié de plus en plus dans le gouvernement en Côte d’Ivoire. Chez nous le Sénat les prend davantage en compte. Un article paru dans le journal aujourd’hui le rappelle : les diaspora africaines , c’est 100 milliards de dollars par an. Et ce ne sont là peut-être que les flux officiels. 100 milliards, c’est environ deux ans du nouveau PND ivoirien. Sans oublier que ces diasporas vivent, s’intègrent et dépensent aussi dans leurs pays d’accueil. L’argent circule et travaille.
Saluons cette diaspora active pour son intérêt et pour sa contribution au développement de nos pays. En même temps, combattons l’immigration clandestine, pour que la jeunesse reste et développe le pays sans avoir à aller travailler ailleurs pour revenir après la retraite. Valorisons en même temps ceux qui réussissent, ces modèles positifs qui n’ont pas besoin d’être rapatriés. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Nous nous retrouverons également pour d’autres lettres, encore à Toronto, avant de mettre le cap sur Philadelphie. Encore quelques jours, quelques lettres d’Amérique du Nord, avant de dire au revoir à ce continent.




