Trentenaire de sa mort – Rokiatou Hampâté Bâ :« On accompagnait notre père Amadou Hampâté Bâ sans vraiment comprendre sa dimension»

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« On accompagnait notre père dans ses conférences sans vraiment comprendre la dimension de cet homme »

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« On accompagnait notre père dans ses conférences sans vraiment comprendre la dimension de cet homme ». C’est ce qu’a dit Rokiatou Hampâté Bâ, fille d’Amadou Hampâté Bâ et directrice de la fondation qui porte le nom de son père, lors d’un entretien accordé à l’intelligent.tv, le 18 mai 2021, au siège de la fondation à Abidjan-Cocody, dans le cadre du trentenaire de la mort de son géniteur.

«On accompagnait notre père dans ses conférences sans vraiment comprendre la dimension de cet homme. Nous avons eu la chance d’avoir un père aimant. Il nous disait qu’il n’était pas un père au cœur de granite et que si nous faisions des erreurs, il était prêt à nous accompagner, nous pardonner et nous montrer la voie. Il avait des valeurs africaines. À la maison, les autres qui ne sont, peut-être, pas ses enfants ou de sa famille, étaient traités de la même manière que nous. Il recevait un chef d’État comme il recevait le garagiste avec toute sa graisse ou le mendiant», a-t-elle fait savoir .

Rokiatou Hampâté Bâ s’est dit étonnée de voir que son père était autant admiré et cela même hors du Mali. C’est aux États-Unis où elle a fait ses études, qu’elle commence à comprendre la grandeur de son père. « À l’école, à chaque fois qu’on devait remplir des fiches avec le nom du père et de la mère, notre nom attirait l’attention. On nous disait ‘’votre nom, vous êtes…’’ Donc, je me demandais qu’est-ce qu’il a fait pour qu’on le connaisse à cette enseigne. Amadou Hampâté Ba, ne s’enfermait pas dans les dialectiques qui peuvent faire d’une vérité un mensonge et d’un mensonge une vérité car il disait que lorsqu’il écrit, c’est de l’oralité sur du papier et qu’il n’écrivait pas le français mais il écrivait en français. Quand on lit Amadou Hampâté Bâ, on ressort toujours enrichi ».

Concernant l’héritage, le travail de pérennisation des œuvres de son père, Rokiatou Hampâté Bâ soutient : « Cet héritage est lourd. Parce que Hampâté Bâ a été une école. Comme lui-même le disait ‘’je n’ai pas peur de mourir mais j’ai peur de la honte ‘’. Mais, il a facilité la tâche dans la mesure où il a tracé les sillons. Un proverbe africain dit que ‘’ lorsque votre père a planté un arbre, qui a grandi, qui donne de l’ombrage, même si vous ne pouvez pas monter à la cime, rester à son ombre en bas. S’il advenait que des gens passent, ils diront, soit ils s’apprêtent à monter, soit ils viennent de descendre’’. C’est ce qu’on essaie de faire par rapport à l’héritage d’Hampâté Ba ».

Lors de cet entretien elle a fait savoir que le patriarche, Amadou Hampâté Bâ a été le premier ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire, et qu’il serait l’auteur de l’hymne national du Mali, chose qu’elle dit avoir découverte dans les archives de son père. « J’ai découvert qu’il est l’auteur de l’hymne national du Mali. C’est dans une lettre de 1982, adressée au général Moussa Traoré, qui était en ce moment président du Mali ».

Mamadou Ouattara avec O .Djibril, stagiaire

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