Yamoussoukro-Le sous-préfet Dohogninnina « Il n’y a pas de développement durable sans paix sociale »

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L’Association des Agents de Presse  de Yamoussoukro a organisé , le vendredi 26 juin 2026 , sa première édition des « Rendez-vous de la presse » autour du thème : « Le rôle d’un sous-préfet dans le développement d’une localité : cas de Yamoussoukro ». Cette rencontre, qui s’est tenue à la salle des réunions de la préfecture de région, a permis aux journalistes, aux autorités administratives et aux acteurs locaux d’échanger sur les missions de l’administration de proximité et les défis du développement de la capitale politique ivoirienne.

Ouvrant ce rendez-vous d’échange, le président de l’AAPRESS , Traoré Yacouba Diarra, a rappelé que cette tribune vise à rapprocher les citoyens des institutions et favoriser une meilleure compréhension des enjeux locaux. « Le sous-préfet est un acteur essentiel de la cohésion sociale, de la médiation, de la sécurité, de l’état civil et de l’accompagnement des collectivités territoriales. Le développement harmonieux de notre cité, exige une collaboration permanente entre l’administration, les collectivités, les leaders communautaires, la société civile et les médias », a-t-il indiqué .

Invité principal de la rencontre, le sous-préfet de Yamoussoukro, Yeo Dohogninnina, a présenté les principales missions que lui confère la loi. Représentant de l’État dans la sous-préfecture, il agit sous l’autorité du préfet et assure notamment le maintien de l’ordre public, la coordination des services déconcentrés, la médiation sociale ainsi que l’accompagnement des projets de développement.

« Le sous-préfet est au carrefour de l’État, des populations et des initiatives du secteur privé. Mon rôle est de faciliter, de lever les blocages, de mobiliser les acteurs et de fédérer toutes les forces vives autour des priorités de développement de la sous-préfecture de Yamoussoukro », a-t-il expliqué.

Abordant les principaux défis de la circonscription, il a insisté sur les conflits de chefferie, les litiges fonciers, les différends entre agriculteurs et éleveurs ainsi que les difficultés liées à l’état civil. « Il n’y a pas de développement durable sans paix sociale. Et à  Yamoussoukro, la paix sociale passe par la gestion durable de plusieurs défis tels que les conflits de chefferie, les conflits fonciers, les conflits éleveurs-agriculteurs ainsi que l’état civil », a-t-il martelé, précisant que sur les treize conflits de chefferie recensés, sept ont été définitivement réglés, quatre sont en voie de règlement et deux demeurent encore complexes.

Concernant les conflits entre agriculteurs et éleveurs, il a indiqué que leur nombre est passé d’une trentaine de cas par an à seulement cinq conflits majeurs en 2025, grâce aux actions de médiation entreprises par la sous-préfecture.

L’état civil a occupé une place importante dans les échanges. Selon le sous-préfet, près de 40 % des personnes recensées dans certaines localités étaient auparavant dépourvues d’actes d’état civil. Une vaste campagne de sensibilisation ” la Sous-préfecture chez vous” menée dans les villages de la sous-préfecture a permis d’enregistrer 5899 personnes, dont 1 290 élèves et 3 414 majeurs de plus de 18 ans concernés par les opérations de régularisation.

« Personne ne doit rester à Yamoussoukro sans identité administrative. L’état civil est un outil essentiel de planification du développement, car il permet à l’État de disposer de statistiques fiables pour construire des écoles, des centres de santé et mieux répondre aux besoins des populations », a-t-il souligné.

Répondant aux préoccupations des journalistes sur les déclarations tardives de naissance, il a annoncé la digitalisation progressive du système grâce à des smartphones mis à la disposition des maternités afin d’enregistrer immédiatement les nouveau-nés et d’éviter les omissions.

S’agissant du foncier, le sous-préfet a rappelé que son rôle demeure celui de médiateur. « Nous ne sommes ni juges ni propriétaires des terres. Notre mission est de favoriser le dialogue et le consensus, car la paix sociale passe aussi par une gestion apaisée des questions foncières », a-t-il fait savoir.

 

Harry Diallo, depuis Yamoussoukro.

 

 

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