Dernère publication
À Bouaké, un différend foncier oppose depuis plusieurs années les habitants des quartiers Dar-es-Salam 1 et 2 à des occupants d’un terrain que les riverains considèrent comme le site officiel de leur marché. Lors d’une visite effectuée le mercredi 17 juin 2026, les populations ont une nouvelle fois exprimé leur mécontentement et appelé les autorités à intervenir.
Sur les lieux, Touré Aboubacar, responsable des habitants de Dar-es-Salam 1 et 2 et également responsable syndical des commerçants, a présenté le site litigieux avant de dénoncer ce qu’il qualifie d’occupation irrégulière de cet espace.
Selon lui, ce terrain avait été réservé au marché du quartier à la suite du lotissement réalisé entre 1967 et 1968. Il explique que les habitants s’étaient autrefois opposés à un projet de construction de mosquée sur cet espace, estimant qu’il devait rester destiné à sa vocation commerciale.
« Ce terrain a toujours été destiné au marché du quartier. Les habitants ont refusé qu’il soit utilisé à d’autres fins parce qu’il devait servir à toute la population », a-t-il expliqué.
D’après ses explications, le terrain aurait par la suite été cédé à un particulier du nom de Tian Dramé par certaines autorités locales depuis plusieurs années. Ce dernier aurait envisagé d’y construire une mosquée ainsi qu’une école franco-arabe. Une initiative qui, selon les riverains, s’est heurtée à leur opposition, le site étant déjà utilisé comme espace marchand.
Au cours de notre constat, plusieurs bâtiments de fortune servant de salles de classe pour une école franco-arabe étaient visibles sur le terrain. D’autres activités y sont également menées, suscitant l’incompréhension des populations.
Touré Aboubacar affirme que malgré les revendications répétées des habitants, la famille Dramé continue de se présenter comme propriétaire légitime du terrain en s’appuyant sur des documents dont l’authenticité est contestée par les riverains.
Dans leurs démarches, les habitants disent avoir sollicité les services de la Direction de la Construction et de l’Urbanisme ainsi que les services techniques de la mairie de Bouaké. Selon leur porte-parole, les vérifications effectuées sur les plans d’urbanisme auraient confirmé que le site est bien destiné à accueillir un marché.
« À la mairie, on m’a orienté vers le service technique. Là-bas, les agents ont consulté le plan de Dar-es-Salam et ils nous ont confirmé que cet espace est bel et bien réservé au marché », a soutenu M. Touré Aboubacar.
Les populations dénoncent par ailleurs les conditions d’exercice du commerce sur le marché actuel, situé en bordure de la route A3 traversant le quartier. Elles estiment que cet emplacement expose quotidiennement les commerçantes et les usagers à des risques d’accidents.
« Les femmes sont obligées de vendre au bord de la route. Les accidents sont fréquents. Ce n’est pas un véritable marché. Le marché prévu pour la population se trouve ici », a-t-il insisté.
« Nous voulons récupérer notre marché. C’est le seul espace qui a été réservé à cet effet pour les habitants de Dar-es-Salam », a insisté Touré Aboubacar.
Tout en appelant au calme, il avertit que les riverains restent déterminés à défendre ce qu’ils considèrent comme un patrimoine collectif du quartier. Ils demandent aux autorités administratives et municipales de faire toute la lumière sur ce dossier et d’engager la construction du marché au bénéfice des populations.
« Nous demandons simplement aux autorités de nous aider à récupérer notre marché », a-t-il conclu.
En attendant une décision officielle, plusieurs courriers ont été adressés aux autorités compétentes afin qu’une enquête soit menée et qu’une solution définitive soit trouvée à ce conflit foncier qui alimente les tensions au sein du quartier.
Toutes nos tentatives pour entrer en contact avec la famille mise en cause sont restées vaines
Nambacéré Joël





