Dernère publication
La caisse ivoirienne affiche 3,4 milliards de dollars de portefeuille et des excédents record. Ce résultat repose sur deux décisions prises en 2012.
Le directeur général a dit: « On a augmenté l’âge de la retraite qui était de 55 ans à 60 ans, et on a augmenté le taux de cotisation de façon très significative. On a passé de 8 à 12 %. » Deux mesures, une même logique comptable. « On différait nos dépenses sur cinq ans », résume-t-il.
Différer une dépense, du point de vue de la caisse, signifie retarder le versement d’une pension. Du point de vue de l’assuré, cela signifie cinq années de travail supplémentaires avant de percevoir le premier franc. La génération arrivée à 55 ans après 2012 a absorbé ce report. Elle n’a reçu aucune compensation identifiée dans les chiffres présentés.
Le second levier pèse sur la fiche de paie. Quatre points de cotisation supplémentaires, répartis entre employeur et salarié selon les quotités en vigueur. Sur la masse salariale des cotisants, l’effet cumulé sur quatorze ans explique une part substantielle des 450 millions de dollars d’excédents revendiqués.
La question n’est pas celle de la légitimité de la réforme. Un régime en déficit structurel n’est pas soutenable, et les précédents grecs, français ou tunisiens ont montré ce que coûte l’immobilisme.
Le dividende existe désormais. Il est investi : 700 millions de dollars dans les actions ivoiriennes, 1,2 milliard en titres d’État, plus de 150 millions dans des fonds internationaux. Une partie des rendements de ces placements revient aux pensions, puisqu’au fil des années , les montants servis aux retraités ont été revalorisés à proportion de l’enrichissement de la caisse.
La CNPS a lancé un régime pour les travailleurs indépendants, estimés à sept millions de personnes contre un million de salariés. « Ce régime est débutant, mais il produira plus de ressources encore », promet le directeur général.
Charles Kouassi




