LA LETTRE DE L’IA PAR WAKILI ALAFÉ : Défaite amère, leçons de vie , Paris 42 rue Lemercier : chronique d’un match des Éléphants à l’épreuve du réalisme norvégien

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Défaite amère, leçons de vie. J’ai choisi de suivre le match dans une ambiance ivoirienne, à cette adresse parisienne : 42 rue Lemercier, dans le 17e arrondissement, métro La Fourche. Le restaurant Les Délices. Un protégé et frère, Mounine K, y officie. Je suis avec mon inséparable aîné, Sibiri Koné.

À la télé, je ressens plus le stress et la pression que lors d’une présence physique au stade. À la 4e minute, la côte monte. Début des changements dans le camp de la pression. À la 8e minute, Pépé est applaudi mais critiqué. À la 15e minute, une action de Yann Diomandé fait vibrer. Celui qui suit le match avec nous, et qui dit que son cœur est faible, qu’il va s’en aller, est encore assis. Supporter mazo : il restera jusqu’à la fin malgré son stress. Lors de l’action de la 18e minute, j’aperçois Serge Doh à l’écran, assis au stade à Dallas. J’attends la pause fraîcheur pour regarder les commentaires sur WhatsApp. Je n’ose pas me laisser distraire.

À peine le temps de prendre note : la Norvège obtient un corner dans notre surface. La relance est rapide. À la 20e minute, Ghislain Konan tente un tir. Peu après, une action de Yann Diomandé est stoppée dans l’élan d’un contre. À près de 28 minutes, Pépé rate le grave exploit. La Côte d’Ivoire est déjà à trois corners. Un voisin ose dire que si Adingra était présent, il aurait marqué. Football qui es-tu ? Supporters qui es-tu ?

La Norvège tente et échoue. La Côte d’Ivoire attaque et fait vibrer. Un cinquième corner à 30’53. Encore un corner à la 32e. Près de deux minutes après, un autre corner. À la 36e, Haaland donne une petite frayeur face à Fofana, serein. Mais voilà : presque le but à la 39e.

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Je n’ai pas pu regarder les messages pendant la pause fraîcheur. J’attends encore pour éviter d’être déconcentré par la couleur des supporters exigeants qui n’aiment pas la contrariété. Encore une frayeur à la 41e. Huitième corner pour la CI à la 43e : signe d’une nette domination sans concrétisation. Encore un corner, le neuvième… Peu avant le temps additionnel, un carton jaune pour un Norvégien sur une faute sur Doué.

Mi-temps. La Norvège est réaliste. Là où je suis le match, c’est le procès de Fae. Fae Bashing. À la mi-temps, je fais le tour des groupes WhatsApp.

Je lis ça et là, attendant la fin pour confronter à la réalité, ceci  : « Après 25 minutes, le jeu est clair. La Norvège a une défense fébrile, nous avons une attaque tranchante. Mais nous sommes bouffés au milieu. La solution : éviter le centre par des longues balles. (…) Notre Bonny ne joue rien aujourd’hui. 45 minutes, pas même une seule frappe sur le gardien adverse. (….) Yoann Bonny n’a pas sa place dans cette attaque. Aucun impact sur la défense norvégienne. (…) 45 minutes, les Norvégiens pouvaient jouer sans gardien. (….) Le vaurien d’Evann Guessan est mieux que ce Bonny. Lui, au moins, il embrouille les gens. » C’est fort !

Dans un autre groupe :

« Il faut faire entrer Wahi. »

(…) La Norvège est trop prenable, franchement. (…) On croise les doigts. Rien n’est perdu. »

Moralité : se garder de juger quand on est trop content… ou trop fâché.

Pour la seconde mi-temps, je me demande si je peux être aussi concentré que pendant les 45 premières minutes. Encore un corner à la 48e. Le contrôle de Doué, une master class. Un autre corner suit. La pression demeure. Un tir non cadré à la 51′, 54′. Encore une frayeur à la 54’30. La défense ivoirienne s’en sort. Ça va si vite des deux côtés. Pas le temps de noter ce que Pépé a tenté. Le contre norvégien suit. À la 57e, les Éléphants échouent encore. Agbadou rate. À la 65e, une autre frayeur et contre-frayeur. Puis vient la pause fraîcheur L’exploit d’Amad Diallo et le procès de Fae : « Ton meilleur joueur, tu le mets dehors ! » On parlait du scénario malien, de la surprise de la 89’17. Et voici Haaland qui surgit pour faire deux buts à un. Je vous au passage 69 665 spectateurs au Dallas Stadium. « Fin de l’aventure », écrit un fan dans un groupe. Je n’ai pas le cardio pour lire les colères des supporters. On ne gagne pas tout du premier coup. On a été qualifiés pour le second tour, une première fois. Il n’a pas été possible de franchir d’autres étapes, aussitôt pour la première fois. Pour moi, l’euphorie est née avec et à partir de la victoire contre la France à Nantes. On y a cru tous. Chacun a fait sa part. Il ne faut pas brûler les joueurs. On ne dormira pas tous les jours à 19 heures.

 

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