Dernère publication
La passion du football- et du sport en général- rassemble. Elle crée des débats, des discussions, des folies, des conflits… mais c’est peut-être l’un des sujets les plus universels au monde. Même ceux qui n’aiment pas le sport en entendent parler, ils suivent un peu, ils sont informés. Dans cette Coupe du monde, je le constate : au Canada, aux États-Unis, en France, en Côte d’Ivoire, l’engouement est le même. Le ballon rond, un prétexte à échanges, une préoccupation mondiale. Une opportunité de débats.
Mercredi 24 juin 2026, 4h30 du matin, heure locale. Réveil rapide, check-out express de l’hôtel , et un imprévu de taille. J’ai choisi de partir avec tous mes bagages, pour être sans contrainte au retour. Histoire d’organiser au mieux mon parcours : retour à Paris peut-être depuis Philadelphie via Boston à découvrir via l’aéroport au lieu de repasser par Toronto. Un chauffeur Uber angolais-canadien me conduit à l’aéroport de Toronto. Vingt-cinq minutes de trajet. Il faut arriver tôt : pour les départs aux États-Unis, on conseille trois heures d’avance. Mon vol pour Philadelphie n’étant que vers 8h 35, j’ai largement le temps. Pour mon retour, le vendredi 26 juin, prévu d’abord à Toronto puis vers Paris, je réfléchis à la meilleure organisation. Mes valises ne sont pas pleines. J’ai droit à trois bagages sur ce parcours, au lieu de quatre sur Abidjan-Paris-Abidjan. Autant les emporter à Philadelphie. La consigne de l’hôtel ne me sera pas utile.
La veille, mardi 23 juin 2026, j’ai vécu une belle soirée. Grâce à l’ami sierraléonais Chake, j’avais échangé lundi 22 juin au téléphone avec le frère Moussa Kanté. Le lendemain, il est venu, comme promis. Balade de deux heures sur Yonge Street – la plus longue avenue d’Amérique, paraît-il. Plus de 1000 kilomètres de route. On peut la prendre pour arriver aux États-Unis sans tourner ! Nous avons déambulé entre les rues des riches, la zone LGBTQ+, les galeries, les grandes marques de parfums, montres, vêtements… L’ambiance était bonne. Promesse est faite de se revoir avant mon départ du Canada, si possible. Et d’aller un jour au Québec, où le français est plus présent qu’ailleurs au Canada. Car à Toronto, bien que le pays soit officiellement bilingue, c’est difficile pour les gens de parler, ou même de comprendre, le français. Mamadou, un protégé de Kanté rencontré en chemin, m’a confié : même au Québec, il a dû apprendre l’anglais plus vite que prévu car à la récréation, les conversations se faisaient en anglais. Les élèves semblaient même avoir honte de parler en français.
Arrivé à l’aéroport, c’est le pré-dédouanement américain. Les agents US contrôlent l’accès. File d’attente longue. En réalité, ce n’est pas nouveau : chaque fois que je suis allé aux États-Unis, c’était ainsi. Les choses ont été renforcées assurément. Si l’objectif est de décourager les clandestins et ceux qui n’ont rien à y faire, il sera atteint, assurément. En fait, il faut vraiment avoir de bonnes raisons pour entreprendre ce périple américain et subir tant de petites choses. Le bon côté de ces contrôles au départ : à l’arrivée, plus de contrôle, plus de douane. Sortie directe après les bagages et aucun contrôle de document , après celui effectué à Toronto. Tout se passe au départ. Une idée finalement pas si mauvaise.
Pendant ce temps, les alertes Air Canada pleuvent sur mon téléphone. D’abord celle-ci : « Votre vol AC8512 à destination de Philadelphie est retardé en raison d’une maintenance non planifiée. Il partira désormais à 8h55. Nous nous excusons et faisons notre possible. » Trente minutes de retard. Puis une seconde alerte : nouveau retard jusqu’à 9h30, pour des opérations de chargement et déchargement. Une heure au total. Mais on perdra encore près de trente minutes.
Et là, je souris. Parce que quand ce genre de retard arrive en Afrique, on en fait vite une spécialité, un symbole de désorganisation. Mais ici, au Canada, avec une grande compagnie nord-américaine, ça arrive aussi. Maintenance imprévue, manipulations de bagages… ce n’est pas une exclusivité du continent africain. Nous sommes souvent plus indulgents avec les grandes compagnies dites « sérieuses » ; pourtant, elles aussi ont leurs aléas. La leçon du jour : un retard est un retard, partout dans le monde. L’essentiel est d’arriver à bon port.
L’âme à l’air du temps, j’observe, je note. Philadelphie m’attend. Le troisième match des Éléphants se profile. Rendez-vous dans la Cité de l’Amour Fraternel. La suite au prochain épisode !




