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Le Conseil national pour l’alimentation et la nutrition (CONANUT) a organisé, le jeudi 2 juillet 2026, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la Recherche de la Paix de Yamoussoukro, deux ateliers de plaidoyer consacrés au soutien de l’allaitement maternel. Cette rencontre a réuni les membres du directoire de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, le corps préfectoral, des maires et des présidents de conseils régionaux afin de renforcer leur engagement en faveur de la nutrition de la mère et de l’enfant.
Représentant le Vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, le ministre-directeur de cabinet, Emmanuel Ahoutou Koffi , a rappelé que « la nutrition est au cœur du développement humain ». Selon lui, « lorsque l’enfant est bien nourri dès les premiers instants de la vie, il dispose de meilleures bases pour grandir, apprendre, s’épanouir et contribuer demain au développement de son pays ». Il a souligné que la lutte contre la malnutrition constitue une priorité nationale depuis 2016 sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara et a insisté sur la nécessité d’une mobilisation conjointe de l’État, des collectivités, des communautés et des partenaires au développement.
Évoquant les actions déjà engagées, Emmanuel Ahoutou Koffi a rappelé l’extension du congé de maternité à plus de six mois dans la Fonction publique afin de favoriser l’allaitement exclusif. Il a également présenté les Foyers de Renforcement des Activités de Nutrition Communautaire et de Développement de la Petite Enfance (FRANC-DPE), dont 2 365 sont déjà opérationnels dans 14 régions, avec l’ambition d’étendre progressivement ce dispositif aux 31 régions de la Côte d’Ivoire. Appelant les chefs traditionnels , les préfets et les élus locaux à devenir des « ambassadeurs de l’allaitement maternel », il a estimé que leur autorité morale pouvait contribuer à lever les croyances et les idées reçues qui freinent encore cette pratique.
Le président du directoire de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, Nanan Désiré Amon Tanoé, a assuré de l’engagement de son institution. « Dans nos villages, les populations nous écoutent, nous font confiance et nous respectent. Ce qu’un agent de santé peine parfois à faire accepter, un chef engagé peut faire bouger les lignes par son autorité morale », a-t-il fait savoir, avant d’ajouter qu’« un peuple qui nourrit bien ses enfants est un peuple qui investit dans son propre avenir ».
Pour sa part, Patricia Yoboue N’Goran-Theckly, coordonnatrice du CONANUT et conseillère du Vice-président de la République en charge de la nutrition des enfants, a dressé un bilan encourageant des progrès réalisés. « La malnutrition chronique est passée de 34 % à 21 % et la malnutrition aiguë est aujourd’hui en dessous de 5 % », a-t-elle indiqué, tout en relevant que l’anémie chez les femmes demeure préoccupante. Elle a toutefois insisté sur le recul du taux d’allaitement maternel exclusif, passé de 34 % à 25 %, alors que l’objectif est d’atteindre 50 % d’ici 2027-2028, puis 70 % à l’horizon 2030. « Les gardiens de nos us et coutumes ne peuvent pas être contournés. Nous devons les engager à nos côtés », a-t-elle affirmé, annonçant une vaste campagne nationale de sensibilisation qui parcourra les 31 régions et les deux districts autonomes de Côte d’Ivoire.
Harry Diallo, depuis Yamoussoukro
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